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    Refus du passé

      

    Geneviève ressentait le besoin de se confier à son ami qui, en tant que médecin, saurait lui expliquer que ce qu'elle ressentait comme une réalité, alors qu'elle savait que son amour s'en était allé pour toujours, était juste le fruit de son imagination. Elle ne pouvait l'admettre, car si quelqu'un d'autre que lui, lui avait justement assuré ce qu'elle redoutait, elle lui en aurait voulu : que le fait de voir celui qu'elle aimait dans son rêve et surtout dans cette chambre d'hôtel ou il s'étaient aimés passionnément, le fait de lui parler ne soit pas réel, elle ne l'aurait pas cru car enfin, elle avait bien ressentit ses lèvres sur les siennes, ses mains la caresser, son corps chaud sur le siens jusqu'à l’extrême jouissance au point de lui arracher un gémissement de plaisir.  La nuit de cet adieux était bien réel ! Le fait que Bob lui explique que la mort n'était qu'un passage vers un monde meilleur et qu'ils se retrouveraient un jour était tout aussi réel que cette douleur et cette impression d'abandon qu'elle ressentait ! Et puis, il y avait tous les détails de leur accident survenu la nuit de cet orage dantesque. Bob lui avait expliqué qu'il s'était vu assis à côté d'elle, sentant bien que sa vie lui échappait et qu'il ne survivrait pas : sa blessure à la tête étant trop grave, mais qu'il savait qu'elle était en vie, ainsi que sa petite fille glissée à ses pieds.

    Lorsqu'elle était sur son lit d'hôpital,  et lui dans un coma profond, il ne l'avait pas quitté même si elle ne le voyait pas. Il n'avait jamais quitté son chevet et il était jaloux du docteur qui prenait soin d'elle. Il voyait bien que celui-ci était en train de tomber amoureux de sa patiente. Il ne pouvait intervenir, et cela lui faisait très mal. Il y avait une autre vie après la mort et c'est tout ce qu'elle devait retenir de cette épreuve. La jeune femme était convaincu qu'il se trouvait bien aupré d'elle alors qu'elle ne pensait qu'à lui, et son eau de toilette qui l'accompagnait partout où elle se trouvait n'était pas une illusion. Geneviève était convaincu qu'il était bien là, prés d'elle, et qu'il la protégerait jusqu'à tant que la peine qu'elle ressentait dans son cœur diminue et ne devienne plus qu'un tendre souvenir. Elle se devait de reconstruire sa vie, et ce docteur semblait être l'homme qui lui fallait pour qu'elle se sente protégée. Bob ne partirait pas tant qu'il la sentirait en danger aupré de son mari et les personnes de sa famille. Il lui avait aussi expliquer que l'on aimais jamais deux fois de la même façon. Elle se devait d'avancer et prendre ce que la vie lui offrait, qu'à partir de cette nuit, elle ne le reverrait plus, même s'il la protégeait sans qu'elle ne s'en rendre compte. Après qu'il l'ait raisonné, elle sombra dans la tristesse la plus complète, et les larmes inondaient son visage. Elle ne voyait pas sa vie sans lui ; mais elle sentait bien qu' il fallait qu'elle avance envers et contre vent et marées.

    Vous quittez notre hôtel, madame ? Vous n'êtes pas de la région ?

    Geneviève répondit d'un ton indifférent à ce qui se passait autour d'elle :

    — Non. Au revoir, monsieur.

    — Au revoir madame. Répondit l'hôtelier.

    Malgré la grisaille du jour, Geneviève se sentait assez forte pour aller chez ses parents, affronter sa mère et reprendre sa petite Elisabeth. Elle héla un taxi et lui indiqua le nom de sa rue !

    — Cinquante deux  rue Mirabeau, s'il vous plaît.

    Le taxi s’exécuta poliment :

    — Bien, madame.

    Elle se devait de mettre son plan à exécution le plus rapidement possible. Lorsqu'elle fut dans son quartier, elle ordonna au chauffeur :

    — Laissez-moi ici ! Voici pour vous : Gardez la monnaie.

    Geneviève sortie promptement du véhicule et se dirigea vers le bazar de ses parents.

     

     A suivre...

     

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