• La rencontre page -7-

     

    La rencontre  

     

    Sur ces mots, Geneviève entreprit de traverser le boulevard sans se soucier des passages cloutés, sans même prendre garde aux voitures qui circulaient dans les deux sens. Un coup de frein retentit sur la chaussée glissante. D’un geste prompte Bob saisit le bras de Geneviève qui tentait de lui échapper, l’attirant à lui sans ménagement, lui évitant d’être renversée. L’homme qui conduisait le taxi avait freiné à temps, mais, invectiva les deux jeunes gens :

    Alors! Ça va pas, non ! Vous pouvez pas faire attention et traverser aux clous, comme tout le monde ! On n'a pas idée, quand même ! Ça s’fait compter fleurette par son jules, et pa’ce que madame est en colère, ça traverse n’importe où ! Où va l’monde alors ! Mais qui qu’sait qui ma fichu des imprudents pareils ! Pacque madame est en colère, ça traverse n’importe où ! Où va l’monde, alors, j’vous jure ! J’vous jure ! Vous, là ! Vous pouvez pas la t’nir vot’ moitié ! Mais qui qu’sait qui commande chez vous ?!

    Sans s’occuper davantage de la mauvaise humeur du chauffeur de taxi qui continuait à vociférer dans le vide, Bob entreprit de calmer et de raisonner la jeune femme qui en était quitte pour une grosse frayeur. Elle murmura :

    Merci, mais vous auriez tout aussi bien fais de me laisser passer sous les roues. Geneviève était en état de choc. Bob ne pouvait ni ne voulait la laisser sans secours, à la merci de gigolos sans scrupule qui passeraient dans les environs, car il était évident qu’elle devenait une proie facile, et qu’elle était toute désorientée. Pour couronner le tout, l’autobus passa devant eux. Atterrée par la malchance qui s’acharnait sur elle, Geneviève suivait des yeux le bus en criant désespérément :

    Mon bus ! Elle était là, les bras ballants, ne sachant plus que faire pour rattraper la situation.

    Affolée, elle se mit courir en tous sens, près de la crise de nerf, tout en rendant le jeune homme responsable du malheur qui lui tombait dessus. En pleine crise d’Hystérie, Geneviève s’en prit à Bob en lui tambourinant la poitrine avec ses points, tout en hurlant :

    C’est votre faute ! Tout ce qui m’arrive est de votre faute !

    Une gifle magistrale atterrit sur la joue de Bob qui, surprit, la gifla à son tour, afin de lui remettre les idées en place : ce qui la calma immédiatement. Abasourdie par tant de hardiesse alors qu'il ne la connaissait pas, la main sur sa joue, Geneviève, outrée, protesta :

    — Mais de quel droit m'avez-vous giflée ? Vous avez du culot ! Vous ne me connaissez pas et vous vous permettez ce geste ?

    Allons mademoiselle heureusement que je suis là pour vous venir en aide ! Reprenez-vous ! Vous êtes en pleine crise de nerf et vous m'avez giflé vous aussi, et la première par dessus le marché ! Il fallait bien que vous repreniez vos esprits, et c’était la seule façon que j’avais à ma disposition pour vous calmer !

     

     

    A suivre...

     

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