• Refus du passé Page -10-

     

    Refus du passé

     

    Geneviève devait se faire violence et puiser ses forces en elle afin de prendre sa vie en mains n'ayant pour objectif que de la réussir de la façon dont elle l'entendait. Elle se devait de ne compter que sur sa personne et non sur la bonté de Pierre. Bob finirait par ne laisser dans son cœur que le meilleurs de lui-même : sa tendresse, sa bonté, sa générosité, et il ne resterait, dans sa souvenance que de doux souvenirs et ce qu'il lui avait appris de l'amour et du don se sois lorsque deux êtres s'aiment vraiment, le bonheur d'aimer et d'être aimé sans réserve. Geneviève se devait d'oublier, petit à petit, cette douleur lancinante qui lui tenaillait l'âme et ne garder pour son cher amour, que ce sentiment de regrets de n'avoir pu être unie à lui devant Dieu. Elle n'avait connut, lors de ses dix huit ans, que ce petit bourgeon  d'amour de jeunesse qu'était ce sentiment nouveau qui l'avait uni à William et qui ne demandait qu'à s'épanouir.  Leur seule nuit d'amour avait permit de donner le jour à une petite Chantal qui ne devait pas vivre. Malheureusement il n'avait pu la connaître, étant mort en mission pendant la guerre avant qu'elle n'accouche. Par la suite et par méchanceté, sa mère lui avait fait kidnapper le bébé dès la naissance par des hommes de mains qu'elle avait dû soudoyer lui soustraire par la force, et la mettre, sous ses ordres, en orphelinat  : les bâtards, elle n'en voulait pas dans sa famille.

    Sortant de sa torpeur, Geneviève reprenant pied dans la la réalité : elle devait se faire une raison et ne pas tombée dans la mélancolie parce que Bob n'était plus là. Elle avait sa petite fille à élever. Une sourde angoisse familière travailla ses entrailles lorsque la jeune femme se retrouva dans ce deux pièces où l’odeur de moisissure emplissait l'atmosphère. Elle fit le tour de toutes les pièces en plaçant un mouchoir fin devant son nez, chassant toutes les scènes de violence qui lui revenait en mémoire comme lorsque Robert rentrait saoul : presque ivre mort, tenant à peine debout pratiquement tous les soirs. A force d'ingurgiter des ballons de vin rouge, son cerveau en avait prit un sacré coup : Son corps sentait le vin de mauvaise qualité, et depuis quelques temps, il faisait des crises de délirium tremens, ce qui l'amenait à voir des araignées et toutes sortes de bêtes lui grimpant dessus, ou se promenant sur les murs de leurs deux pièces, quand il ne reportait pas son agressivité sur elle. Sa violence réveillée par les effets d'un mauvais alcools agissait sur tout ce qui bougeait et les meubles servaient de projectile lorsque ses visions amplifiaient ses colères. Ses hurlements alertaient les voisins qui appelaient Police Secours venu pour calmer sa démence. Hors de lui, il s'en prenait après eux  pour les avoir appelé, et les policiers venus à la rescousse de Geneviève. Il lui prenait des envies de la tuer et rien ne pouvait le raisonner. Les voisins, témoins de ses hurlements qui s'entendaient dans tout le quartier, témoins des crises de delirium, avait servit  de témoins à Geneviève pour le faire interner car il était devenue dangereux pour les autres et pour lui-même.

    Geneviève ne voulait plus de cette vie là. Après la constatation par police secours de son état de délabrement psychologique et physique, les agents savaient, preuve à l'appuie, qu'il locataires de l'immeuble qui avaient demandé l'autorisation de le faire enfermer. De ce fait, il avait été admit à l'hôpital psychiatrique de Charenton le pont. Il n'y avait pas d'autres solutions. 

    Geneviève n'avait guère envie de prendre les affaires qu'elle avait été obligée de laisser en s'enfuyant précipitamment l'autre jour, en fin d'après-midi. C'était au dessus de ses forces. Elle décida de s'en aller sans se retourner sur un passé qu'elle refusait de revivre. Elle s’apprêtait à franchir, pour la dernière fois ( du moins, le pensait-elle ), le seuil de ce deux pièce cuisine repoussant, quand ne fut pas sa surprise de se heurter au père Cadoret qui avait les clefs de ce taudis. Aussi surprit qu'elle, il attaqua le premier :

    — Ah ! Te v'là petite traînée ! Tu va m'faire le plaisir de rentrer chez toi et d'faire l'ménage ! J'ai un doub' d'ta clef pisque mon fils est enfermé pour un temps à cause de toé ! Tu fais pu ta maligne maint'nant ! C'est moé qui va t'dresser ! J'en ai mâté d'aut'es avant toé ! Croie-moé qu'ès ont cédé ! Pour sûr ! C'est bein la première foé qu'une donzelle m'résisterait ! Vociféra le vieux en la harponnant par le bras avec brutalité pour la forcer à retourner dans ce couloir malodorant. Aller feignante ! Ça s'rebelle cont'e son mari ! Ça veut faire la loi ! Mais qui m'a fichu une bonne femme pareille ?! J'va t'corriger, tu vas voèr !

    Geneviève sentit la révolte s'emparer d'elle. Elle ne contait pas se laisser faire et elle gesticulait en tous sens pour lui échapper : Elle arriva à ses fins quand, à nouveau, elle se retrouva dans le vestibule pour mettre un espace entre son bouseux de beau-père et elle.

    — Ah ! C'est comme ça ! Tu te rebiffes ?! mais avec moé, ça marche pâ.

     

     A suivre...

     

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