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    Destin implacable 

     

    Plusieurs heures s'écoulèrent sans que la moindre alerte ne fut donnée : l'emplacement de l'accident n'étant pas visible de la route, il était peu probable, à moins d'un coup de chance, que l'on découvrit bien plus tôt ce qu'il s'était passé dans la nuit.

    Après son furieux accès de colère, le ciel avait daigné se calmer. Une pluie fine tenace et continue, avait remplacé le déluge d'eau qui s'était abattu sur la campagne. Après leurs méfaits, l'orage et la foudre s'en étaient allés faire des ravage ailleurs. La moitié d'un lourd tronc d'arbre ouvert en son milieu jusqu'à la base, et en partie déraciné par la force des vents combinés à la foudre, en était la première victime, ce qui, par voix de consequence, écrasait littéralement la toiture de la voiture pourtant imposante, garée là, certainement pour échapper au déluge qui ne permettait plus de rouler. Le c ôté conducteur était bien amoché. Bob n'aurait pas pu échapper à ce soudain coup du sort sans en sortir indemne. La moitié de cet arbre centenaire justifiait son poids. Nul, à par une grue, n'aurait pu le faire bouger. A L'intérieur, pas un signe de vie. L'enfant s'était tu. Geneviève, comme Bob, semblait prisonniers de la mort. Les heures s’écoulèrent sans que ni Bob, ni Genevieve, n’aient repris connaissance. La petite fille, au pied de sa mère, avait finit par se rendormir dans la chaleur de l’habitacle...

     

    Vers les huit heures du matin, un paysan et son chien, qui passait non loin du drame qui s'était produit dans la nuit, s'arrêta net devant ce gros arbre coupé en deux sur toute sa longueur, qui avait, à n'en pas douté, subit la foudre. Il ne tenait attaché que par sa base ; mais la direction qu'il avait prit en s’abattant, semblait avoir suivit la seule direction qui lui était imposée par la façon dont il avait poussé depuis toutes ces décennies, chutant lourdement sur ce qui semblait être un véhicule imposant dont on apercevait, à travers les branches et le feuillage, que les roues. L'arbre recouvrait presque entièrement la toiture du véhicule, ne laissant presque rien voir de ce qui se trouvait à l'intérieur. Le paysan alerté par un bruit de moteur toujours en marche, se dirigea vers l'endroit qui l'intriguait. A ces heures matinales, dans ces clairières calmes communiant avec la campagne environnante, il est facile de repérer le moindre changements dans le quotidien répétitif de chaque jour.

    Lorsque enfin il eu bien évalué que c'était bien une grosse voiture qui était prise sous la moitié de ce gros arbre, l'accident ne faisait plus aucun doute. A n'en pas douter, le drame s'était produit dans la nuit, au plus dur moment de la tempête. Il s'inquiéta pour les passagers ; mais il ne distinguait pas grand chose avec tout ces branchages feuillus qui lui masquaient  le visage des accidentés. Son chien ayant un flair, on le sait, plus important et réceptif aux odeurs, grimpa sur le capo, puis sur le toit. Là, il détecta, caché sous une branche plus fine que les autres un semblant de vie. Il entreprit de gratter la déchirure en jappant, semblant vouloir faire comprendre à son maître qu'il y avait encore des personnes en vie. Le vieil homme réalisa que tout espoir n'était pas vain, qu'il se pouvait qu'il  y avoir des vies à sauver ? Le paysan tenta de décoincer la portière et tira de toute ses forces sur la poignée ; mais toute peine  semblait perdue : les branches empêchaient toutes manœuvres pour essayer quoi que ce soit. Les jappements du chien de chasse redoublèrent de plus belle, comme pour certifier qu'il y avait bien encore de la vie dans la voiture. Très faiblement, des couinement, puis des pleurs un peu plus prononcés se firent entendre. L'homme s'obstina à vouloir décoincer la portière qui lui résistait toujours, mais qui, pourtant, paraissait intacte, ce n'était que peine perdue. Il avait beau y mettre toutes ses forces pour apercevoir ce bébé qui pleurait, tapoter sur la vitre qui ne paraissait pas avoir souffert du choc pour se rendre compte que personne, à part le bébé, ne donnait signe de vie. Frustré, l'homme s'adressa à son épagneul qui avait réussit à s'infiltrer dans l'ouverture du toit causée par une déchirure tout juste bonne à le laisser s’engouffrer. Il  se mit à lécher le bébé qui se calma à son contact.

    — Bon chien ! c'est bien ! Regarde si la dame est encore en vie ?  flaire-là bien et dis-moi ? L'épagneul monta sur les genoux de Geneviève, la flaira avec insistence en lui donnant quelques coups de langues et tout en remuant la queue se mit à donner de la voix.

    — Willy ! reste avec eux : je vais chercher du secours. Garde Willy ! je reviens vite. Surtout, pas bouger ! attends-moi ! Il faut qu'on trouve un moyen pour les sortir de là ! Je crois que l'homme est mort. Pour la femme et l'enfant, il y a peut-être encore de l'espoir. Je vais aller chercher de quoi scier les branches qui m'empêchent de voir l'intérieur, à commencer par le côté conducteur... Le silence reprit ses droits lorsque le bonhomme s'en retourna chercher une scie égoïne, des outil, et de l'aide. Willy regarda son maître s'éloigner, mais ne fit rien pour le rejoindre.

     

    A suivre...

     

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    Destin implacable 

     

    Il revînt quelque temps après et commença à débiter les branches qui obstruaient, en grande partie, les deux portières, lorsqu'il entendit son chien couiner afin de faire comprendre à son maître que la jeune femme était en vie : le paysan félicita son épagneul tellement il était heureux d'être passé par la clairière et  finit de débiter la dernière branche qui n'était pas la plus petite, afin d'avoir une vue plus grande, lui permettant de mieux voir les jeunes gens. Il était au moins sûr qu'il y avait encore deux vies à sauver, et cela lui redonna du courage pour continuer malgré sa fatigue. Pendant ce temps, tous les bras costauds des environs arrivaient les uns après les autres pour venir aider.

    En voyant l'arbre emprisonner la voiture, ils décidèrent qu'il fallait plus de monde afin de débiter cet arbre le plus rapidement possible, car les minutes comptaient. Déjà plus d'une nuit dehors se chiffrait par des heures, minutes, secondes perdues risquaient d'être fatales pour leur survie. Ils s'acharnaient à dégager les branches les moins grosses pour ne laisser que les gros troncs à scier. La nouvelle s'était rependue comme une traînée de poudre, et des hommes  de toutes parts, arrivaient avec des outils pouvant débiter de grosses branches d'arbre et cette moitié de gros tronc, quand ils entendirent les sirènes de police secours et des dépanneurs capables de venir à bout du reste de l'arbre déjà bien débité, se rapprocher de la clairière ; mais il restait encore le plus gros du travail à faire afin de venir à bout de la moitié encore assez imposante de l'arbre.  

     

    L'infirmière qui s'occupait de Genevieve, informa le docteur que les grands-parents de l'enfant étaient venu la chercher. 

    —Nous n'avons pas pu joindre le mari. Elle est encore inconsciente. La tension est stable. Elle est moins pale qu'à son arrivé. Elle a beaucoup de chance : le coup qu'elle a prit sur la tête est moins grave que son compagnon ; mais il lui faudra du temps pour récupérer. Peut-être aura t-elle du mal à reprendre ses esprits  car nous l'avons quand même retrouvé inconsciente, et la tête est encore un mystère pour la medicine ? Quant à sa petite fille, elle va bien. Elle n'a pas souffert de l'accident. Le choc l'a faite glisser au bas des jambes de sa mère et c'est une bénédiction quand on pense à tout ce vert cassé et au pare-brise fissuré, mais qui a résisté à l'énorme masse s'écrasant sur la voiture !

    Le docteur Grangier qui était de service, ne répondit pas, mais quitta la chambre ou la jeune femme se reposait. Une fois dans le couloir de l'hôpital, le docteur Grangier questionna l'infirmière :

    — Est-ce que quelqu'un est venu pour le jeune homme ?

    — Oui docteur : l'oncle de la victime. Le jeune homme est dans un triste état, mais il est en vie. c'est ce qui importe le plus, mais il est dans le comas. Nous craignons pour sa vie. Le tuteur du jeune homme est le grand patron des salons Orial. C'est un homme d'une soixantaine d'années et si son neveu venait à mourir, je ne sais comment il réagirait ? Il invective le personnel afin qu'on lui dise pourquoi son neveu est dans cet état ? Nous avons respecté vos consignes et nous avons fait en sorte qu'il se calme jusqu'à votre arrivée.

    — Bien. Est-il encore là ? 

    — Oui. Nous l'avons fait attendre dans votre bureau.

    — Vous avez bien fait. Il n'est pas utile que tout l'hôpital soit ameuté par ce sexagénaire en état de choc et un peu trop condescendant à mon goût. Il doit se calmer, et écouter ce que j'ai à lui dire. Son neveu est entre la vie et la mort : autrement dit, dans un comas profond. Nul ne sait s'il se réveillera un jour. Il faut laisser faire le temps. Nous n'en savons pas assez sur le pouvoir de récupération du corps humains et encore moins concernant le cerveau. Son neveu n'est pas transportable comme il semble vouloir l'exiger pour l'avoir dans son manoir. Et dans cet hôpital, dans mon service, c'est moi qui commande... 

     

    A suivre...

     

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    Implacable destin

     

    Comme dans un brouillard, Geneviève entendait et comprenait ce que le docteur Grangier essayait de lui faire admettre ; mais elle ne trouvait pas la force de réagir pourtant, elle tenait à s'exprimer, mais aucun son ne sortait de ses lèvres. Elle essayait d'analyser le flot d'informations qui lui parvenait confusément, néanmoins, elle n'y arrivait pas. Seules les premières paroles les plus dures à son cœur raisonnaient dans son esprit. Ses tempes cognaient, cognaient en butant sur les mots fatidiques :

    — " Bob n'est plus dans ma vie... avec moi... il est dans le comas... dans un autre monde... ailleurs...  Je ne peux plus le voir... NON ! Ce n'est pas possible ! Je ne pourrai pas vivre sans lui ! Suis droguée... peux pas bouger... peux pas parler... pourquoi je ne... pleure pas ? Je ne crie pas non plus... Je " Puis elle sombra complètement dans un endormissement artificiel qui allait nécessiter une surveillance médicale de plusieurs jours.

    Le docteur jugeait préférable de la maintenir dans un sommeil semi-comateux afin que la jeune femme assimile ce qu'elle venait d'apprendre sans trop de mal, tout en dédramatisant les faits un maximum.

    Le docteur voulait la sauver d'elle-même. Il aurait pu la laisser sortir depuis longtemps, mais il ne pouvait se résoudre à la laisser sans protection puisque l'oncle de Bob Orial lui interdisait sa porte à tout jamais si son neveux sortait du comas, mais devenu amnésique, son passé lui avait échappé. Le vieil homme ne voulait pas de cette femme non divorcée et de suroît, avec une petite fille. L'oncle l'avait bien spécifié au personnel soignant. Maintenant que le jeune homme était dans l'incapacité de gouverner sa vie,  il lui était facile d'exercer son autorité sans que celui-ci il y trouve une objection. S'il la laissait partir, qu'allait-elle devenir sans personne pour l'aider, vu le peu d'empressement que la famille mettait à venir la voir... 

    Pierre Grangier resta quelques instants encore aupré de sa protégée, l'observant avec une tendresse non dissimulée et se résolu à quitter la chambre, non sans un dernier regard vers la jeune femme : son cas le préoccupait. Il devait l'amener  au réveil petit à petit, de façon à ce que l'état actuel de son compagnon de voiture ne soit plus, pour elle, qu'une douleur à laquelle elle devait se résigner. Le plus dur pour le personnel hospitalier serait de l’empêcher d'aller voir, de visu, l'état de celui qu'elle aimait toujours. Il était certain que cet amour ne disparaîtrait pas tel un coup de baguette magique ! A son réveil, elle ne devrait garder de son ex-fiancé qu'une grande tendresse mêlée de tristesse, mais rien qui soit de nature à perturber son psychisme. Pierre Grangier donna des ordres à l'infirmier dans laquelle il avait plus confiance afin qu'elle exerça sur la jeune femme une surveillance constante sur ses réveils, et qu'elle lui administre à heures régulières d'infimes doses de somnifère par intraveineuses, nécessaires à a cure de sommeil. Au moindre changement, elle se devait de l'avertir personnellement. La surveillance ce mît en place rapidement, ce qui eu pour effet de le tranquilliser.

     

    Madame Delaplace rayonnait depuis qu'elle avait la garde de sa petite fille, car elle savait que sa fille ne l'entendrait pas de cette oreille. Le temps de sa domination la concernant était révolu cependant, elle comptait bien lui créer des problèmes en exigeant la garde de la petite Elisabeth sachant qu'elle avait son époux et la belle famille de Geneviève de son côté. Malgré son caractère froid, son rôle de grand-mère lui tenait à cœur, et elle faisait son possible pour adoucir son phrasé aupré de la petite Elisabeth. Elle était consciente de ce caractère revêche inné dont elle ne pouvait rien changer, et redoublait d'effort pour paraître moins sèche lorsqu'elle parlait à sa petite fille. Quant à son mari, il était près du gâtisme lorsqu'il prenait l'enfant dans ses bras. L'expression " retomber en enfance " prenait là, tout son sens. Considérant que le père avait autant de droit que sa femme sur son enfant, tous deux n'envisageaient même pas de rendre la petite à leur mère lorsqu'elle viendrait, à nouveau, faire valoir ses droit sur elle. 

     

    A suivre...

     

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    Implacable Destin

     

    Plus de deux mois s'étaient écoulés depuis ce fameux drame ou ils avaient appris l'accident de leur fille et de son amant avec lequel elle vivait. Madame Delaplace mère prétendait avoir des droits sur l'enfant du moment qu'elle présentait une autorisation écrite de la main du père justifiant le fait de ramener la petite Elisabeth aupré de lui. Madame Delaplace comptait bien la garder définitivement. Son plan machiavélique consistait à enlever Elisabeth à sa mère, invoquant les raisons suivantes : abandon du domicile conjugale depuis plus d'un an, et les raisons médicales qui la retenait à l'hôpital avec son amant même s'il était dans le comas. La seule chose qui comptait pour elle, était de lui faire du mal : La belle famille étant d'accords puisque Geneviève avait quitté le domicile conjugale, et peu importe que leur fils Robert, son mari, l'ait fait bien avant elle, puisque l'homme, encore à cette époque, avait la suprématie sur la femme. Geneviève était donc en tort et c'est ce que sa mère comptait bien faire valoir aupré des autorités afin d'obtenir le garde définitive de l'enfant. Son plan machiavélique consistait, en fait, à enlever définitivement la petite Elisabeth à sa mère.

    Parlons à peine du père de Robert qui ne se remettait pas des frasque de son fils : celui-ci, ivre de colère contre sa femme qui l'avait quitté, se doutait bien qu'elle avait un amant. Pour noyer sa rage, il s'était mis à boire de plus belle, fréquentait assidûment les filles de mauvaise vie du quartier Mirabeau. Le garage fermé n'était plus qu'un souvenir pour lui. Monsieur Cadoret l'avait donc mis en vente afin de ne pas continuer à  perdre de l'argent. Le garage n'était pas encore en faillite ; mais il était temps de rendre visite à son notaire  de façon à ce que les dégâts soient moindres. Le père Cadoret en voulait à sa bru qui n'avait rien fait pour rendre son fils heureux. Ce n'était plus qu'une loque qui, par sa conduite, l'obligeait à se séparer d'une partie de son patrimoine familiale. Le père Cadoret était forcé de constater l'échec de cette alliance qu'il avait, croyait-il, mené de mains de maître, avec la complicité de madame Delaplace. Pas une fois il n'avait douté du bien fondé de son jugement et ne s'était remis en question. Rien ne l'empêchait de dormir la nuit, et pas une seconde il ne se sentait coupable, pas même le remords de savoir que tout était entièrement de sa faute si la situation en était arrivée au point de non retour : rien ne pourrait sauver ce mariage dont sa belle fille ne voulait absolument plus en supporter même l'idée. Sa bru, à ses yeux, entièrement fautive, devrait, tôt ou tard, lui rendre des comptes. Pendant ce temps, le désœuvrement de son alcoolique de fils, traînant de bars en bars, la dote de Geneviève, étant, depuis longtemps, bu jusqu'à la lie avec les filles et les copains de beuverie, ne pensait qu'à se venger sur sa femme qui avait osé braver son autorité.

    Geneviève protégée par son ami le docteur Pierre Grangier, se remettait doucement du choc affectif qu'elle avait subit un peu plus de deux mois auparavant. Pierre avait tout fait pour la garder le plus longtemps possible aupré de lui. Il se voulait une épaule amie pour la jeune femme et l'avait soutenu au moment où elle en avait eu le plus besoin. Il avait donc trouvé une solution en l'hébergeant dans sa propre demeure. Il prendrait une infirmière à domicile qui lui servirait aussi de dame de compagnie. Geneviève avait accepté son offre et profitait égoïstement de ce cocon qu'était sa grande maison de campagne pour mieux cicatriser de ses blessures à la tête, et de toute l'attention que le docteur frisant la quarantaine lui accordait. Elle avait appris par sa bouche même, que l'oncle de Bob l'avait fait licencier pour faute grave afin d'être sûr que si son neveux, sortant du comas, ne se souvenait plus de sa vie avec elle, il ne chercherait plus à la revoir si son amnésie, petit à petit, laissait de nouveau place à une mémoire défaillante qui laissait un grand voile en lui laissant aucune bribe de souvenirs quant à son aventure amoureuse avec elle.

    En apprenant la dernière perfidie du vieil homme, Geneviève se sentait complètement perdue sans l'aide de son médecin à qui elle se raccrochait. Seule sans sa petite fille qu'elle avait tenue tendrement, tout contre elle, l'espace d'une nuit d'orage, elle se sentait vraiment perdue. Sans l'intervention de sa mère et avec la bénédiction de son père  qui, pour une fois, était la bienvenue, qu'aurait-elle pu faire ? Elle n'était plus, pour le moment, en état de s'occuper de son enfant. Elle se sentait tellement malheureuse sans Bob ! Leur logement lui avait été enlevé par son oncle, car même leur nid d'amour ne lui avait pas été permis de le conserver. L'oncle avait vraiment tout fait pour effacer de la mémoire de son neveux la trace de celle qu'il avait tant aimé. Geneviève était complètement démunie  devant l'adversité : Seuls ses affaires et son argent lui avait été intégralement restitué, et sur ordre de son ami. 

    Quant à Pierre Grangier, son amitié était, tout simplement, devenu de l'amour ; mais il ne voulait pas que sa protégée s'en aperçoive : elle n'était pas prête à aimer de nouveau. Il était conscient de ce fait et pour lui, c'était une évidence. Il  craignait perdre son amitié en lui avouant ses sentiments. Il préférait jouer les anges gardiens le temps qu'il faudrait afin de pouvoir lui venir en aide dès qu'elle en éprouverait le besoin et que l'espoir de retrouver son amour perdu se soit lentement effacé de son cœur et se soit endormit comme un beau souvenir dans sa mémoire.

     

    A suivre...

     

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    Implacable Destin

     

    Geneviève se posait des question quant à son avenir. Elle se retrouvait de nouveau seule,  à la merci de retrouver sa vie d'avant, et c'est ce qu'elle craignait le plus au monde. Pour sa petite, Ce n’est pas qu'elle se réjouisse de savoir ses que ses parents aient l'autorisation de la prendre en charge ; mais elle n'avait, pour le moment, pas d'autres solutions et ce qui comptait le plus, c'est que sa petite Elisabeth soit en sécurité pourtant, elle lui manquait. En une nuit seulement, elle était devenue l'enfant de Bob qui avait émit le désir de l'adopter. C'était grâce à lui qu'elle avait changé d'avis concernant sa petite ; grâce à lui si elle s'était rendu compte qu'elle aimait son bébé, et grâce à son amour et au soutient qu'il lui avait apporté, qu'elle avait connue ce qu'était le bonheur pendant plus d'un an. Elle ne pourrait jamais oublier son grand amour ! En souvenir de lui, elle ne remettrait jamais Elisabeth en nourrice. La petit était son seul bien qui la rattachait encore à lui, et qui, à travers elle, le faisait vivre en son cœurAvec lui, elle aurait su se sentir assez forte pour demander le divorce... et l'obtenir.

    Elle ne voulait pas retourner vivre près d'un homme qui l’écœurait. Elle n'avait plus de travail et du jour au lendemain, tout son bonheur s'était envolé par l'effet d'un implacable destin qui lui avait enlevé l'homme qu'elle aimait d'une manière encore plus terrible que s'il était mort. Par ordre de son oncle, elle n'avait aucun droit de lui rendre visite sur son lit d'hôpital, s'il ressortait du comas, se souviendrait-il encore de leur vie à deux ? Son existence sans lui redevenait morne ; repartait de son point de départ avec toutes les déchirures, les affrontements, qu'elles devrait supporter, que ce soit de sa mère, son beau père ou de ce qu'on lui avait imposé comme mari.

     

    — Alors ma douce rebelle  ! C'est aujourd'hui que tu t'en vas ; que tu quittes la tranquillité et la sécurité de ma maison ?

    —  Oh ! Pierre ! Il le faut bien ! Je ne peux tout le temps rester à ta charge et laisser ma petite fille à mes parents, surtout ma mère, et à mon mari qui est toujours saoul du matin au soir ! Pierre ! Nous ne nous disons pas adieu ; mais au revoir !

    — Tu va me manquer, lui dit-il en la prenant très affectueusement dans ses bras.

    — Tu va me  manquer aussi, fit Geneviève. Pendant ces longs jours de tristesse, tu m'a réconforté, soutenu, aidé à supporter l'affreuse vérité sur l'état de Bob. Tu m'a énormément apporté. Tu m'a tout donné jusqu'à ton chez toi, et moi, j'ai tout pris sans rien te donner en retour. Tu es un ami exceptionnel !

    — C'est tout ce que je suis pour toi : un tendre ami ?

    — Je ne peux te donner plus que mon amitié. Tu sais que mon cœur n'est pas libre ! Tant que je saurai mon amour en vie, j'attendrait qu'il se rappelle de nous...

    — Tu sais que tu peux attendre des années. Tu as une petite fille à élever. Je ne sais que trop ton attachement à Bob Orial ; mais l'oncle veille à ce que tu ne saches plus rien de son neveux. C'est un obstacle qui sera dur à franchir !

    — J'ai confiance en toi, et je sais que tu va me tenir au courant des progrès, s'il y en a, concernant Bob.

    — Je suis ton ami. Ne l'oublie jamais. Je serais toujours là pour toi. Ne l'oublie pas.

    Pierre embrassa Geneviève sur le frond. Elle se laissa aller contre ce torse protecteur, les larmes aux yeux avec, de nouveau, l'angoisse de retrouver son ancienne vie :

    — J'ai peur de devoir affronter tout ce que j'ai délibérément quitter. Il est interdit, pour une femme, de se rebeller. Je m'attends à des représailles, mais je ne compte pas me laisser malmener. Je suis assez forte pour me défendre.

     

    A suivre...

     

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    Implacable Destin

     

    Sans se douter une seule seconde des projets que Pierre, d'un naturel calme et pondéré, élaborait à son sujet en voyant sa convalescence progresser rapidement, Geneviève coulait des jours paisibles entourée de nouveaux amis qu'elle affectionnait sincèrement et qui le lui rendaient Bien. Le docteur, lui aussi, participait à leurs causeries et leurs rires dès qu'il avait du temps de libre. Les distractions chaque fois qu'il n'était pas de garde à l'hôpital, n'étaient pas nombreuses et lui manquaient. A trente huit ans, il était un homme équilibré, très intelligent et bel homme ! Sa  prestance et sa science inné du devoir en faisait quelqu'un de responsable. Il était apprécié dans son service et dans tout l'hôpital. Ces collègues féminines l'estimaient et le respectaient tout à la fois sans jamais faire d'allusions maladroites concernant ce qu'elles ressentaient pour lui. Elles auraient bien voulu être reconnues comme indispensables par leur patron, et toutes faisaient de leur mieux afin de retenir son attention. Chacune trouvait le moyen de lui rendre service dès qu'elle le pouvait : et qui de se trouver sur son passage pour lui sourire en le croisant, qui de lui apporter un dossier alors que ce n'était pas à elle d'effectuer cette tâche, une autre, de lui demander un conseil etc. Le docteur Grangier, absorbé par son travail, faisait mine de ne pas remarquer leur petit manège. Il avait bien conscience de l'effet qu'il produisait sur la gente féminine. Il en était flatté, mais cela ne l'intéressait guère plus que ça. Ce qu'il désirait, c'est que la jeune femme dont il était tombé amoureux en s'occupant de son cas puisqu'elle était dans son service, finisse pas le regarder avec d'autres yeux que ceux avec lesquels elle le voyait actuellement. Il ne désirait pas forcer les choses, mais au fond de lui, il gardait le secret espoir qu'elle se rende compte qu'il était là, sécurisant à ses côtés, protecteur dans les moments de doutes et de faiblesse, silencieux, mais présent, l'entourant d'un amour amitié dont elle, il le savait, ne doutait pas, et dont elle abusait sans remords. Il savait qu'elle avait besoin de lui et que, petit à petit, s'il avait la patience d'attendre. Il arriverait à remplir le vide qu'immanquablement Bob laisserait derrière lui s'il venait à ne pas reprendre connaissance. En attendant, tout plutôt que de vivre loin d'elle. Pierre était prêt à se satisfaire du peu qu'elle lui accorderait, même si ce n'était, pour l'instant, que de l'amitié.

    Toujours célibataire sans que cela ne le dérange vraiment, il ne s'en faisait guère, se disant qu'il finirait bien un jour par rencontrer l'amour, et il venait de le trouvé en la personne de Geneviève : cette adorable et jolie jeune femme qu'il avait sauvé d'une fin atroce, car la branche d'arbre avait quand même bien entaillé son crane en plus de s'être légèrement encastrer, avait fait ruisseler un léger filet de sang pendant une bonne partie de la nuit, et qui avait finit par se coaguler. Pendant plus de huit heure elle n'avait reçu aucun secours : L'ambulance l'avait mené aux urgences sans qu'elle n'est reprit un seul instant connaissance. Après tous les examens afin de voir les dégâts causé par l'arbre qui avait subit la foudre, avoir enlevé les bouts de branche incrustées superficiellement dans sa tête, nettoyé la plaie, fait les soins nécessaires pour empêcher l'infection et recousu le cuir-chevelu après une légère trépanation. Elle était était restée sans connaissance pendant huit jours, ce qui lui avait provoqué une légère amnésie.

    Sa protégée était son bien le plus précieux, mais elle ne s'en doutait pas. Il en était tombé amoureux en la soignant. Cachant bien ses sentiments pour ne pas la mettre mal à l'aise ni l'effrayer, il savait dissimuler ses émotions et ne comptait pas la brusquer, sachant ce qu'elle ressentait encore pour son fiancé toujours dans le comas. Il saurait attendre son heure pour se faire aimer d'elle si celui qu'elle avait dans son cœur finissait par décéder. Il ne pensait pas que le jeune homme arriverait à sortir de cette brume qui l'enveloppait entièrement ; mais il se devait de respecter la vie qu'il avait sauvé et maintenue sans grand espoir de le voir s'en sortir.  Pierre savait se faire apprécier grâce à cette patience qui le caractérisait. Il était attentionné, disponible autant que son métier le lui permettait ; mais il ne pensait pas s'attacher à la jeune femme qu'il avait également sauvé d'une mort certaine sans soins appropriés. A ses yeux, plus rien d'autre ne contait que son bonheur pourtant, il savait qu'un jour ou l'autre elle devrait partir de chez lui. Il connaissait les difficultés qu'elle allait devoir à nouveau affronter. Geneviève lui avait confié sa vie aussi bien au propre comme au figuré. Il était au courant de tout ce qu'elle avait vécu jusqu'à ce jour fatal de l'accident dont elle ne se souvenait pas, puisqu'elle s'était endormie dans la chaleur de la voiture alors que dehors, s'abattaient des trombes d'eau.  la vie de la jeune femme ne lui appartenait pas, aussi, Pierre attendait avec crainte le moment fatidique ou Geneviève devrait se décider à partir pour retrouver sa vie d'avant. 

     

     A suivre...

     

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    Implacable destin

     

    Il était certain que Geneviève appréhendait son retour dans ce taudit qu'elle avait habité et qu'elle devait à tout prix habiter de nouveau si elle voulait reprendre sa vie en mains et sa petite, ce qui l’angoissait au plus haut point. Tout en elle était crispé. Ses expériences traumatisantes vécues depuis sa toute petite enfance, son adolescence volontairement sacrifiée par sa chère mère et indifféremment cautionnée par son père, sa vie de femme mariée contre sa volonté, la venue au monde d'enfants non désirés, à part sa petite Chantal, son refus d'être plusieurs fois mère suite aux viols répétés de son mari, l'alcoolisme de celui-ci, son refus de divorcer, lui donnait encore plus l'envie de se détacher de cette famille qu'elle haïssait. 

    — Ils vont tous me tomber dessus à commencer par ma mère à qui je dois reprendre ma petite fille. Pour eux, je suis une femme infidèle et rebelle. Je suis la seule coupable du désastre que vit mon couple. Je suis la méchante, la perverse. Eux, considèrent Robert comme la victime de mon insoumission. Pour moi, c'est un faible et un lâche qui ne connait que prendre par la force ce dont il a envie. C'est un rustre comme son père, un paysans dans tous les sens du terme ! Je ne peux supporter de revivre dans une telle atmosphère ! C'est mon corps, ma vie, et j'entends mener mon existence comme je le désire. Je ne suis à personne, et nul n'a le droit de me dicter ma conduite ! Dieu m'a faite femme, mais ce n'est pas la raison pour que j’obéisse à un mari, une moitié d'homme ! Je revendique la même égalité que celle de la gente masculine, et je me battrai pour obtenir ce que je veux : mon divorce. 

    — Tu réussira ma petite rebelle et si tu as besoin d'aide, je suis là : tu peux venir vivre avec ta fille dans ma maison si tu subis des violences : quelles qu'elles soient. Déjà très grande pour moi tout seul, elle est assez vaste pour toutes les deux et je serais heureux de vous accueillir toutes deux.

    — Je sais, Pierre. Je t'en remercie. Si j'ai besoin, je viendrai à toi. En attendant, souhaite-moi bonne chance : j'en ai besoin. Je ne sais pas ce que je vais trouver en arrivant dans ce taudis.

    — Bonne chance ma beauté ! Surtout n'oublie pas que je serai toujours là pour toi. Je t'accompagne jusque chez toi, ainsi, je saurai où tu habites si tu venais à me téléphoner en urgence pour que je vienne te chercher. Tu fais bien de laisser le principal de tes affaires ici, ainsi que le plus gros de ton argent : Chez moi, ils sont en sécurité.

    Geneviève remercia son ami d'avoir prit soin d'elle pendant tous ces mois. Sa reconnaissance était grande pour la décision qu'il venait de prendre de l'accompagner jusqu'à son domicile afin de ne pas la laisser seule reprendre contact avec cette réalité dont elle ne voulait pas.

     

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    De plus, les rumeurs sur telle ou telle famille qui venaient d’hériter après le décès d’un proche allaient bon train, colportées de ferme en ferme, et de fermes en villages par des langues malveillantes et envieuses. Pas besoin se se fatiguer pour que les rumeurs fonctionnent bon train ! Le vent du nord se chargeait du reste... Robert savait prêter attention à tout ce qu’il se disait : A défaut de savoir parler aux filles il écoutait les quand qu’en-dira-t-on qui se propageaient à la vitesse grand V dans tous les cantons. Quant au trousseau de clefs de sa mère soumise à son époux, mais la matriarche de la maison, elle conservait toujours, pendant à sa taille, un lourd trousseau de clefs attaché solidement au bout d’un long cordon tressé et très solide. Robert avait toujours vu pendre ce trousseau à sa ceinture, ne quittant jamais le pan du tablier protégeant sa longue robe de drap épais pour ne pas la salir inutilement. Seuls les corsages étaient changés périodiquement : il fallait bien ça ! On ne lavait pas tous les jours dans les hameaux ! Ces clefs bien mystérieuses qui intriguaient beaucoup Robert, était une énigme pour lui. Il les entendait, rythmant les pas de sa mère où qu’elle soit dans la maison, pour ne s'arrêter que dans le trou d’une serrure à laquelle elle s'ajustait parfaitement. Toutes les armoires avaient leur propre clefs : une armoires s'ouvrait, le trousseau de clefs s'élevait jusqu'à la serrure puis, retombait lourdement le long du tablier et la robe dont je vous ai parlé plus haut. C'était sa mère qui s'occupait de la bonne tenue des comptes de la ferme, ce qui comprenait l’argenterie et tout ce qu’il pouvait y avoir de précieux à ses yeux était sous sa régence, en plus des terrains avoisinants qui rapportaient : blé qu’il fallait porter au meunier, avoine et seigle. La comptabilité lui incombait en son entière responsabilité. S'il y a bien une chose où sa mère régnait sur le foyer, c'était là où son père ne mettait jamais son nez. Il avait horreur de tenir les comptes à jours qui n'était pas son fort, et sa mère le faisait très bien. Là était son royaume et nul ne devait y mettre son grain de sel.

    Pour en revenir à sa propre femme Geneviève, elle avait vu le jour à Neuf-Marché, en haute Normandie. Ses parents, tous deux également natif de Normandie, avaient soudainement voulu, pour des raisons assez obscures, venir vivre définitivement en banlieue Parisienne. La guerre les ayant enrichie, eux aussi, un peu plus et d’une manière peu avouable, ils avaient jugé, préférable pour eux, de se faire oublier au pays.

    C’est à l’âge de cinquante cinq ans que Monsieur Delaplace avait décidé de s’installer définitivement à Paris pour encaisser un héritage bien dodu.

     

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    Ce n’était pas tout à fait la grande ville ; mais ce n’était pas très loin en train et puis, sa femme venait d’hériter d'un bien immobilier et d’une coquette somme d’argent, ce qui les avait appelé tout droit à Clichy La Garenne. En effet, Madame Delaplace avait un oncle Granchette du côté de sa mère qui devait rester vieux garçon et avait amassé, sa vie durant, une véritable petite fortune. L’une des filles : Lucienne, était déjà en âge de se marier. Ils avaient eu, comme on dit, le choix du roi, puisqu'un garçon répondant au prénom de André était venu au monde le premier. Geneviève était, dans la liste Chronologique des naissances, la troisième née. Elle se trouvait prise entre sa sœur aînée Lucienne et son frère André. Bernadette était la quatrième, Christiane la cinquième, Éliane la sixième et pierrette, la septième. Madame Delaplace avait des préférences pour ses enfants et tous n'étaient pas traité avec égalité : son fils déjà âgé, par rapport au reste de la fratrie, était sa joie et sa fierté. Ses cinq autres filles se calquaient sur leur mère : elles n'aimait pas non plus Geneviève, ce qui faisait d’elle la tête de turc de toute la fratrie. Allez savoir pourquoi ?

    Toujours est-il que, Monsieur et Madame Delaplace, une fois faite l’acquisition du bazar qui n’était qu’une petite partie de l’héritage en question, au lieu de vendre le commerce et les dépendances qui se trouvaient être au dessus puisque l'immeuble comprenait deux étages, avaient décider de le conserver pour l’exploiter. C’est de cette façon que les parents de sa femme se retrouvèrent citadins pour devenir commerçants.

    De ventes pour les uns en achats pour les autres, étant de la même région, les deux partis avaient familiarisé. Suite à un projet d’agrandissement des patrimoines, Ils s'étaient mis d'accords, en lieu et place de Geneviève, et de Robert, afin d’user d'autorité pour les marier. En ce temps-là, le droit de décision que les parents avaient sur leurs enfants en âge d'être mariés, tenait lieu de loi. Ils tenaient tellement à leur argent, qu'il fallait, à tout prix,  protéger et préserver les patrimoines respectifs de chaque familles. C’était ainsi anciennement chez les gens de la terre qui avaient du bien. Dans ces familles, les fiancés n’avaient rien d’autre à faire qu'à s’exécuter. C’était dans l’ordre des choses.

    Depuis son retour de l'hôpital et lasse de ses nombreux affrontements avec Robert, Geneviève avait décidé de ne rien faire pour entretenir l'appartement qu'elle considérait comme insalubre, mal orienté, mal achalandé, mal meublé et envahit par la vermine. N'ayant rien à faire de sa journée, elle se sentait désœuvrée. Elle errait d’une pièce à l’autre sans but précis. Chaque heure qui s’égrainait au carillon lui paraissait interminable. Geneviève s’ennuyait à mourir dans ce rez-de-chaussée humide de la rue Mirabeau.

     

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    Le matin, bien après que Robert, ait commencer sa journée de très bonne heure au garage familiale, elle se levait, se faisait du café, avalait précipitamment la première tasse brûlante et se resservait un plein bol fumant pour le déguster lentement avec deux tartines de pain. de campagne tout en écoutant le poste de TSF. Ça lui prenait bien une bonne partie de la matinée. Après le rituel du matin, elle commençait à tourner en rond devant la pile de vaisselle qui séjournait dans l’évier et la poussière qui envahissait les quelques meubles garnissant le logement. Pour oublier ces constants moments de déprime, elle se plongeait dans des magasines de mode prêtés par une voisine du rez de chaussée, avec qui elle avait sympathisé. Elle les feuilletait plusieurs fois de suite rêvant devant de somptueuses toilettes qu’elle ne porterait jamais. C’est dans ces moments là que, n’en pouvant plus d’être confinée dans cette odeur de moisissure et de renfermé, elle se lavait, se maquillait légèrement, s’habillait pour aller se promener et faire du lèche vitrine. A l’air libre, enfin elle respirait. Le long de ces grandes rues bruyantes de passants, agrémentées par la présence euphorisante des grands cafés qui bordaient les grands boulevards, Geneviève se sentait revivre. Devant les vitrines des magasins, son oppression disparaissait complètement. Elle ne se rendait pas compte qu’elle marchait depuis longtemps sans se soucier des heures qui défilaient. La plus part du temps, ses pas la conduisaient dans des grandes rues pleines de va et viens. Les passants qu'elle croisait la sortait de son cafard. En fin d'après midi, elle adorait observer les néons des magasins qui éclairaient leur devanture.

    Il n’était pas rare, la nuit tombée, d’apercevoir un taxi s’arrêter devant le quarante huit de la rue Mirabeau, et de voir en descendre une jeune femme élégamment vêtue, les bras chargés de parquets plus ou moins gros, et enrubannés, s’engouffrer en hâte dans la porte cochère de l’immeuble, puis dans ce couloir mal éclairé et mal odorant, jusqu’à la porte de l’appartement où elle habitait. La porte du deux pièces à peine ouverte, Geneviève retrouvait les mêmes murs du vestibule lézardés par où suintait une humidité latente, dégageant cet air malsain qu'elle redoutait, ce qui lui occasionnait des nausées et des difficultés à respirer. Le papier jaunit par endroits et délavé en d’autres coins de la salle à manger n'arrangeait pas les choses. Du linge sale traînait un peu partout sur les quelques meubles épars et disparates qui lui servaient de décor. Tout lui faisait horreur. Après avoir déposé tous ses achats un peu n’importe où, elle se laissait choir sur le vieux fauteuil de cuir craquelé, réservé à son mari qui, pour une fois qu’il n'était pas occupé.

     

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    Alors seulement elle entreprenait de regarder plus en détail ses folles dépenses faites sur un coup de tête. Ce n’est pas qu’elle avait peur de dépenser l’argent du ménage puisque ses parents l’avaient dotée pour avoir la paix, et parce que son beau-père ne l'aurait pas accepté sans une dote. Il fallait que madame Delaplace, radine comme pas deux, débourse la part qui revenait à Geneviève, une part qui lui revenait de droit. Pour ne plus la voir au magasin, sa mère devait faire une croix sur cette partie du capital dont elle ne verrait plus jamais la couleur. Cela lui avait été pénible, et Geneviève s’en réjouissait en y pensant. Ce qui l’inquiétait le plus, c’était la réaction de Robert à la vue de tous les achats que, d’après lui, elle n’avait nul besoin. Il détestait au plus haut point les extravagances de sa femme car il avait conscience de sa beauté. Geneviève se savait jolie et les toilettes lui plaisaient tout autant que le maquillage et la lingerie féminine. Il fallait qu'elle dissimule toutes ses folies aux yeux de son mari, afin d'avoir l’opportunité de les ressortir lorsque l'occasion se présenterait, et qu'elle pensait n’être pas trop éloignées dans le temps. Elle entreprit de trouver une cachette où il n’aurait pas l’idée d’aller voir. Dans la chambre à coucher, le lit n’était pas fait. Geneviève n’en avait cure. Robert avait beau lui faire des reproches sur la mauvaise tenue du ménage et lui interdire ses débordements, vindicative et contestataire par principe, Geneviève n’en faisait qu’à sa tête. Plus d’une fois il avait surpris sa femme en flagrant délit de sorties tardives et de dépenses qu’il jugeait inconsidérées. Cela finissait généralement très mal. Le couple s’affrontait, ne laissant derrière lui qu’un champ de ruines où gisaient produits de beauté piétinés, flacons de parfums de marques cassés, robes déchirées et lingerie fine réduite à de simples petits bouts de dentelle et de nylon qui n’avaient plus rien à voir, de près ou de loin, avec des dessous féminins. Les quelques meubles avaient aussi leur compte de coups, de trous, d'éraflures et de fêlures. Les chaises et le seul fauteuil bridge du logement se retrouvaient renversés, sans compter le carrelage qui avait des pets, les carreaux des fenêtres se retrouvaient fêlés ou cassés, et que sais-je encore. Quant aux bleus que la jeune femme récoltait au cours de ces confrontations orageuses : ils mettaient plusieurs jours à s’estomper et à disparaître complètement. Tout et n’importe quoi lui servait pour se défendre contre son mari. Bien souvent, le fer à repasser quand ce n’était pas le balai qu’elle tenait bien serré dans ses mains, lui était utiles de façon à intimider Robert. Elle se servait de n'importe quoi qui lui tombait sous la main ce qui lui permettait de ralentir son mari dans ses débordements de colère : Les projectiles volaient dans la pièce où le couple se trouvaient au moment de leur altercation. En même temps qu'elle lançais des objets, elle hurlait pour ameuter le quartier.

     

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     L'insoumise  

     Pour ça, elle savait y faire ! L’issue de ces affrontements, comme à l’accoutumé, se terminait au poste de police pour Robert une fois que les coups avaient plu sur elle. Son but était de prouver la maltraitance conjugale dont elle était la victime. Il fallait prouver qu’elle était battu. Lorsque les agents pénétraient dans le deux pièces, qu’ils se rendaient compte des dégâts. Il fallait calmer le jeu entre les époux. Geneviève se justifiait en alléguant qu'elle était bien obligée de se défendre et qu’elle était en légitime défense. Robert se retrouvait toujours embarqué, menottes aux poignets, afin de se dégriser en cellule pour la nuit. Police secours n'en avait rien à faire des scènes de ménage parce que la loi, encore une fois, accordait au mari tous les droits sur son épouse qui était considérée comme sa propriété. 

    Laissez-moi simplement ouvrir une parenthèse sur le dur combat qu’avaient à mener les femmes pour arriver à obtenir des droits sur leur propre vie.

    Les deux guerres mondiales n’avaient rien changées et cela depuis des décennies, sauf le droit de vote obtenue après maintes lutes acharnées, le six mars 1944. A part cela, les femmes n'avaient pas leurs mots à dire quant à l'autorité de leur seigneur et maître. Leurs maris avaient tous les droits sur elles au même titre qu'un meuble, qu'un chien ou un cheval ! Dès l'instant où ces jeunes femmes étaient mariées, elles perdaient leur autonomie et devenaient la propriété pleine et entière de leur époux. Elles devaient se plier corps et âme à leurs volontés, même sous contrat de mariage ! Si le conjoint était doux, agréable et amoureux, tout allait pour le mieux ; mais s'il s'avérait que l'homme fut une brute épaisse, alors là, les pauvresses subissaient les pires sévices, et les coups de fouet pleuvaient abondamment quand ce n'était pas des coups de poings en pleine figure, des coup de fouet et parfois, la mort. Pour les autres femmes piégées dans une union qu’elles regrettaient, les marmots naissaient les uns après les autres. Pas le temps de reprendre son souffle que déjà, dans certaines familles, une autre naissance non désirée s'annonçait. Pauvres ou riches, les femmes devaient contenter les exigences sexuelles de leur seigneur et maître ! Ce qui sous entendait tout ce que vous pouvez imaginer aujourd'hui. A peine les bambins savaient-ils marcher, que beaucoup de maris remettaient le couvert, bien souvent, sans attendre que leur conjointe encore grosse, ait accouché. Ces brutes les chevauchaient de jour comme de nuit, se soulageant en les prenant par devant ou par derrière, sans aucun respect pour leur conjointe.

     

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    L'insoumise

     

    Les femmes étaient épuisées et à leur merci. La marmaille finissait par constituer une équipe de foot, et ça couraient dans tous les sens. Pour surveiller tout ces bambins, les femmes se tuaient à la tâche sans broncher. Par contre, lorsque les allocations familiales furent inventées pour les couples les plus démunis, elles tombaient directement dans la poche du chef de famille qui allait le plus souvent les boire au café du coin. Ces femmes ne voulaient plus du joug de leur époux, et malgré le manque de considération de la part de l’état, malgré le peu de progrès accompli au niveau de leurs revendications légitimes. Il y avait encore de quoi faire pour qu'elle obtiennes complètement leur émancipation pleine et entière concernant leur corps qui ne leur appartenait  pas sur le plan juridique. Elles n’était toujours pas, reconnues comme étant un être humain à part entière ayant les mêmes droit que les hommes, vis à vis de la loi ! Grâce à Madame Simone veille qui se fit huer par les hommes,. Le combat fut long et difficile ; mais Mme veille à gagné. Les femme obtinrent le droit à l'avortement avec le slogan : Mon corps m'appartient !  Un enfant quand je veux, si je veux ! Ce qui fît du bruit quand des radicaux fanatiques condamnant l'avortement s'en mêlèrent...

    D'ailleurs, aujourd'hui, les discriminations existent toujours, ne serait-ce que pour les salaires qui sont bien moins importants : environs quarante pour cent, à travail égal, de moins que pour les hommes. Les harcèlements continuent de plus belle, les viols qui, dans la plus part du temps, ne sont pas assez condamnés ! Les violeurs revendiquant leur plein droit devant une femme soit disant, consentante, et c’est leurs paroles contre celles de ces femmes. En fait, les hommes s’octroient encore pas mal de droits sur les femme, et nous sommes en  2018...  J'ai la certitude que jamais rien ne changera cet état de fait… J’en ai pour preuve une femme qui a été jugée pour avoir encaissé 35 ans de brutalité sur elle-même et le viol de ses filles par leur monstre de père sans oser rien faire pour leurs venir en aide par peur pour leur vie... et la sienne. A bout de force, il fallait qu’elle ose le geste fatal qui la délivrerait de cet enfer : Elle a tirer un coup de fusil dans le dos de son tortionnaire afin qu’il ne puisse plus retourner la situation à son avantage et reprendre le contrôle sur elle en premier, car cette fois, il ne l’aurait pas loupé. Elle a été condamné pour préméditation puisque elle avait tiré dans son dos. La justice ne teint pas compte de ce qu’elle avait déjà endurer pendant toutes ces nombreuses années, ainsi que ses filles, et la condamna, sans circonstance atténuantes. Ça en dit long sur la justice qui ne sait pas faire la différence entre une femme en danger de mort, si elle ne fait rien pour protéger la vie de ses filles et la sienne, et une femme qui prémédite son crime pour d’autres raisons pas très avouables ? Cette femme plus toute jeune, n’avait-elle pas assez souffert de la monstruosité de son mari ?

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    Il fallait encore qu’elle paie pour avoir eu le courage de se libérer et libérer ses filles de ce perverse qui méritait la mort ? Combien de d’années de prison à t-elle écopé avant qu’elle puisse espérer recouvrer sa liberté grâce à de nombreuses pétitions qui finir par être entendues ? Pendant ce temps, combien de violeurs s’en sont sortit sans même une seule année de prison grâce à leurs avocats que j’appellerais : les avocats du diable ? Et combien de violeur meurtriers son relâchés bien trop tôt parce que le viol d’une femme est un délit mineur pour la justice des hommes qui fait son travail comme ça l’arrange ! En somme, là ou rien ne se voit, c’est qu’il n’y a rien à voir de la part de l’exécutif inactif sur les sujets de viol. C’est ce que l’on appelle : la politique de l’autruche… une politique mensongère, une justice à plusieurs vitesses, une justice pour les privilégies que l’on connaît très bien ! Une justice pour les nantis : ces soit disant hommes de valeur qui ont eut la chance de faire de hautes études grâce aux parents riches comme crésus. Ces hommes qui réussissent dans la politique grâce encore à des connaissances bienveillantes gravissent les échelons du pouvoir. Sous le couvert de leurs hautes fonctions, ils ne sont que des harceleurs, des perverses, des violeurs, des voleurs en cols blancs. La justice n’est qu’une mascarade pour le citoyen lambda ! Je ne croie plus en la justice depuis longtemps pour l’avoir expérimenté dans ma jeune existence. Les viols que j’ai subit à l’âge de huit ans, et à mes quinze ans, en 1951 par des ripoux de flics, la justice ne s’est jamais bougée pour moi, pas plus qu’en 1962. Ces avocats d qui défendent le plus souvent les gens qui peuvent payer, ont un costume tout à fait approprié à leur métier ! Ah ! Leur robe noir et leur col blanc leurs vont bien ! Cela représente tout à fait la polyvalence et l’ambiguïté de leur fonctions ! Leur métiers n’est là que pour faire croire au peuple qu’il y en a une justice pour tous pour ceux qui veulent bien y croire, ou qui n’ont jamais eu à faire à elle... Encore aujourd’hui, le chemin sera long pour balayer les obstacles que les gouvernements, de par leur mauvaise volonté, posent en évidence sur la table des discutions, à chaque fois que l'émancipation des femmes est remise en question. On avance d’un demi-pas pour montrer que l’exécutif travaille sur la question, et c’est tout ! ( Liberté - égalité - Fraternité : Ce n’est que de la poudre de perlimpinpin ! C’est mon opinion et je n’en changerais pas !

     

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    Malgré toutes ses tentatives afin d'obtenir gain de cause auprès des autorités, la jeune femme voyait bien que rien n’avançait. Elle ne comptait pas lâcher prise aussi facilement. Il fallait d'abord qu'elle trouve un emploi. De cette manière, elle pourrait devenir plus indépendante et surtout, en s’impliquant dans un métier qui lui plairait. Une chose la tracassait encore. Elle devait se préparer au pire pour la demande de divorce. Car Robert ne changerait pas d’avis. Elle s’y attendait. Se soulevait aussi le problème du logement à trouver, et de son déménagement. Geneviève devait s’éloigner de ce quartier qu’elle exécrait. Cela allait lui prendre un peu de temps avant de tout planifier dans les moindres détails ; mais à la perspective de se créer une nouvelle vie, Geneviève sentait une exaltation l’envahir. Il est sûr qu’elle avait peur ce que qu’elle aurait encore à subir le temps que tout se mette en place ; mais elle s’en sentait le désir et ne pouvait plus reculer, même si la force lui manquait pour continuer cette vie minable qu’elle menait. Elle ne supportait plus les violentes colères de Robert lorsqu’il n’arrivait pas à ses fins. Elle ne serait pas une femme battue et violée toute son existence ! Ça, jamais ! Il lui fallait gagner juste un peu de temps pour s’organiser. Se soulevait aussi le problème du logement à trouver, et de son déménagement. Geneviève devait s’éloigner de ce quartier qu’elle exécrait. Cela allait lui prendre un peu de temps avant de tout planifier dans les moindres détails ; mais à la perspective de se créer une nouvelle vie, Geneviève sentait une exaltation l’envahir. Il est sûr qu’elle avait peur ce que qu’elle aurait encore à subir le temps que tout se mette en place ; mais elle s’en sentait le courage et ne pouvait plus reculer. La force lui manquait pour continuer. Si il lui fallait affronter le pire. Le soir même, Geneviève ferait part à Robert de ses exigences. Elle en était là de ses pensées lorsqu’elle entendit la clef tourner dans la serrure. Robert fît son apparition dans l’embrasure de la porte de la cuisine qui se trouvait être en enfilade avec le vestibule. S’apercevant que la table n’était pas mise, il lui lança un bonsoir laconique que Geneviève ne releva même pas. Elle faisait semblant de s’affairer à la cuisine dans quelques rangements dont elle se fichait comme de sa première chemise, et elle avait laissé brûler exprès ce qu’elle venait de préparé pour le dîner, ce qui lui arrivait souvent. Il est facile d’en deviner quelle en était la raison. Et bien vous ne vous trompez pas ; mais cette fois, Geneviève ne l’avait pas fait exprès. Absorbée par ses réflexions toutes intérieures, elle avait complètement oublié ce quelle avait mit à cuire sur la cuisinière à charbon.

     

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     Zut de zut ! Justement ce soir où elle devait lui parler ! Il fallait qu’elle trouve quelque stratagème pour éviter tout problème. Quoi faire ? Prier pour qu’il décide de repartir manger chez le bougnat. A ce moment précis, Robert lui lança :

    J’ai faim.

    Elle lui répondit laconiquement :

    Débrouilles-toi : j'ai fait brûler le repas. Tu ne sens pas ?

    Comment ? Y’a rien de prêt ?

    Non.

    Mais qu’est ce que tu fou de ton temps ?

    D’habitude, rien. Dit-elle ironiquement. Mais ce soir je t'avais préparé quelque chose de bon et, quel dommage ! Je l’ai complètement oublié sur le feu. Désolée !

    Geneviève refusait les tâches ménagères : surtout le servir et manger en face de lui. Tout ce qui regroupait les obligations d’une femme au foyer étaient la troisième raison de son refus : les deux autres raisons, vous les connaissez. Sans broncher, Robert reprit son blouson qu’il avait accroché au porte manteaux du couloir et lui lança en claquant la porte :

    Garce !

    Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de la jeune femme. C’était bien joué. Il ne rentrerait pas de si tôt. Ce ne serait pas ce soir qu’elle le lui parlerait de ses projets. Son cœur battait à tout rompre. Ce n’était quand même pas une mince affaire que de lui faire face et de lui faire comprendre son point de vue, d’autant plus qu’elle savait pertinemment qu'il refuserait en bloc ce dont elle allait lui faire part ! En l’entendant arriver, surprise dans l’intimité secrète de ses pensées, elle s’était sentie prise au dépourvu. Elle n’était pas prête pour la confrontation. Elle sentait ses jambes se dérober sous elle. Mieux valait ajourner la discussion qui ne manquerait pas d’être houleuse. Elle le savait et comme tous les jours se ressemblaient... Geneviève attendit trois longues journées avant d'amorcer la fameuse discussion. Il y avait un autre facteur à considérer : celui de ne plus avoir le courage de mettre son plan à exécution, et de ranger ses exigences aux oubliettes, ce qui revenait au même. Cette fois, rien ne la ferait reculer.

     

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    Pour se faire, elle avait préparé un repas simple, mais qu’elle voulait mangeable, dressé la table et guetter le moment propice pour passer à l’offensive. Sans se douter un instant que son mari l’attendait au tournant, Geneviève, conduisit la conversation pour l’amener tout doucement à ce qui lui tenait le plus à cœur. Circonspecte, Robert, tout en continuant à ce poser des questions sur cette soudaine amabilité, gardait en mangeant, le nez dans son assiette, puis relevait la tête de temps à autre pour observer sa femme qui n’en pouvait plus de le regarder :

    Il mange comme un cochon. Pensa la jeune femme. Il me dégoûte. Je ne le supporte plus. Il faut que j’arrive à mes fins ! Sans perdre de son apparente assurance et sans plus réfléchir, Geneviève aborda ce pourquoi elle avait monté cette mise en scène. Ce qui pouvait se produire ensuite, elle se devait de l’affronter. De toutes façons, que ce soit maintenant ou à la saint-glinglin, le résultat serait le même. Robert, inquiet de ce que sa femme avait encore bien pu trouver pour le mettre hors de lui, réalisa soudainement qu’au beau milieu du bavardage incessant de Geneviève il venait de capter un mot qui le fît bondir de sa chaise :

    Quoi ? Tu veux toujours travailler !

    Et sans attendre sa réponse, encore une fois, il lui balança :

    Tu peux toujours travailler chez ta mère : Ta place est toujours libre ! Je te l’ai déjà dis !

    Geneviève insista, sachant très bien ce qu'elle risquait si elle ne se pliait pas aux décisions de son mari. Néanmoins, elle continua sa phrase :

    Tu ne veux pas comprendre. Je veux pouvoir choisir ce que je veux faire sans en rendre compte à qui que ce soit et surtout pas à ma mère ! Toi, c’est une chose ; mais elle, non ! J’ai envie de sortir de la maison, apprendre un métier qui m’intéresse et gagner mon argent puisque tu me reproches de dépenser l’argent de ma dot, dit-elle en appuyant sur le sujet épineux qu'était justement sa dot.

    Robert, un rictus aux lèvres, narquois et sûr de lui, opposa un refus catégorique et sans appel :

     

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    L'insoumise

     

    Robert narquois et sûr de lui opposa un refus catégorique et sans appel au désir d'émancipation de Geneviève :

    C'est non. Si tu veux travailler, tu reprends dans le bazar.

    Geneviève sentait bien que la conversation allait tourner court. Elle s'énerva :

    Je ne t’aime pas ! Tu comprends ? Je ne t’aimerai jamais !

    Je veux ma liberté, tu entends ! Je veux divorcer ! Te voilà prévenu !

    Robert, un instant muet devant ce flot de paroles, se reprit, omettant volontairement de s'étendre sur la notion de divorce. Quant à l'idée même de sa femme désirant travailler ailleurs que chez sa mère, il l'ignora complètement. Avec malice, il insinua :

    Si tu t'ennuies, t'as qu'à faire le ménage ! C'est une vraie porcherie ici ! Et si ça suffit pas, j'irais chercher note fille ! Ça coûtera moins cher que de payer la nourrice ! T'as qu'à faire un effort ! C'est ton rôle que de t'occuper de note fille !

    Non !

    Quoi, non ?

    Tu m'énerves ! Tu n'es qu'un bouseux ! Je ne peux plus te supporter ! Tu me dégoûtes !

    Ah, oui ! Et bien tu vas me supporter quand même !

    NON ! ET NON ! Je ne veux pas te servir de bonne ! Je ne garderai pas ta fille ! J'ai bien dis ta fille ! Tu m'as violé ! As-tu oublié ?! Cette chose est le fruit de ton acte dégoûtant ! Je ne veux pas d'elle et de toi non plus ! Je ne serais jamais ta femme de mon plein grès ! Je veux divorcer ! Tu entends ? Si non, je te rendrais la vie impossible !

    Malgré la rage qui bouillait en lui, Robert fit son possible pour rester le plus calme possible car il se connaissait et il voyait bien que sa femme essayait de le pousser à bout. Il continua sur le même ton, conscient que ça risquait de finir très mal :

    Pas question qu’tu travailles et encore moins qu'on divorce ! T'as compris ?

    C'est ce que l'on verra ! La prochaine fois que tu me touches, je te réserve une surprise de taille ! Tu sens le cambouis même lavé ! Tes ongles sont noir, tu es toujours saoul quand tu rentres ! Tu croies que c’est plaisant pour moi ?! Je ne supporte pas que tu m’approches et je ne supporte pas de dormir à côté de toi ! Tu me répugnes !

     

      A suivre...

     

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     L'insoumise 

     

    Je veux pas qu'tu travailles ailleurs que chez tes parents. Je veux que tu te soumettes à mes décisions Tu me dois obéissance !

    Geneviève sentit que la conversation allait tourner court ; mais elle voulait arriver à ses fins, et tant qu'à faire, autant percer l’abcès maintenant.

    Mais tu rêves ! Tu ne comprends donc pas ? Je veux ma liberté, trouver ma voix, faire un métier qui me plaise, et je veux divorcer ! Te voilà prévenu !

    Devenu blême et muet de stupeur devant ce flot de paroles, Robert se reprit, omettant volontairement de s’étendre sur la notion de divorce. Quant à l’idée même que Geneviève lui faisait part du désir qu'elle ressentait de travailler, il lui rétorqua sachant très bien qu’elle ne céderait pas :

    Si tu t’ennuies, t’as qu’à fair’ l’ménage! C’t’une vraie porcherie ici ! Et si ça t'suffit pas ! T’as qu’à t’occuper d’note fille ! Ça coût’ra moins cher que d’la laisser chez la nourrice ! T’as qu’à faire un effort ! C’est ton rôle de mère d’t’occuper not’e fille ! T'as déjà rej’té les aut’es ! Ça va bien ! Ça suffit !

    Oh ! Ce mauvais Français ! Cette vulgarité dans ses propos ! Vraiment, elle ne supportait plus de l'entendre s'exprimer. Ce n’était pas l’homme qu’elle aurait désirer avoir pour mari. Elle rétorqua tout de go :

    Non !

    Quoi, non ?! Dit-il en haussant la voix.

    Non ! Je ne veux pas te servir de bonne et élever tes gosses toute ma vie ! Et non, je ne veux pas m’occuper de ta fille ! J’ai bien dis : ta fille ! Est-ce que tu as oublié que tu m’as prise de force ?! Cette chose, comme tous les gosses que tu m’as fais, est le fruit de ton acte dégoûtant ! Je ne veux pas d’elle et de toi non plus ! Je ne serai jamais ta femme de mon plein gré ! Je veux divorcer ! Tu entends ? Si tu n’acceptes pas le divorce, je te rendrais la vie impossible ! De par mon mariage, je suis émancipée et je ne veux pas passer ma vie avec toi et en plus, sous le joug de ton misogyne et phallocrate de père qui te commande, à ton âge, ainsi que ma garce de mère qui veut toujours être au courant de ce qui ne la regarde pas ! Malgré la rage qui bouillait en lui, Robert s’efforça de garder son calme. Il sentait que sa femme cherchait l’affrontement. Il repris la parole et sur un ton monocorde il appuya bien distinctement sur ses mots :

      

     A suivre... 

     

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     L'insoumise  

     

    Tu travailleras pas et t’es à moi pou’ la vie. T’as compris ? Y’a pas à y rev’nir !

    C’est ce que l’on verra ! Hurla Geneviève. La prochaine fois que tu me touches, je te réserves une surprise dont tu te souviendras toute ta vie ! 

    Robert ricana :

    T’es ma femme. Qu’est ce que tu pourrais bein fair cont’ ça ? Et pis, qu’est ce que tu vas bein pouvoir prouver ? Et si j’ai envie de t'prendre ? T'est à moi ! Hein ! Allez ! Dis-moi ! T’es qu’une folle ma pauv’e fille ! Tu vois qu’tu peux rein fair' conte moi !

    Cette façon qu’avait Robert de manger la moitié les mots l’horripilait. Seul son visage trahissait son exaspération. Elle ne répliqua pas, se contentant de hausser les épaules, mais n'en pensa pas moins. Elle l'aurait au tournant d'une façon ou d'une autre, et, insidieusement dans son esprit, l’idée d’un emploi doublé d’un divorce, par la suite ne la lâchait pas. Elle se voyait bien installée dans sa nouvelle vie : ce qui était en train de devenir une obsession pour elle. Son projet occupait toutes ses pensées. Elle ne se voyait pas passer sa vie auprès de cet homme qui ne lui convenait pas du tout et qu’on lui avait imposé de force. Il n’arrivait pas à conclure les phrases qu’ils commençait, et ne répondait à ses provocations que par des grognements, des insultes et des coups. Elle voulait faire de sa vie une réussite. Quelque chose de bien devait lui arriver. Il n’était pas possible que la malchance s’acharne sur elle tout au long de son existence  Elle voulait être libre. Vivre quelque chose qui lui donnerait le sentiment de ne pas être un pion que l’on déplace sur un échiquier. Sa vie, elle ne la voulait pas échec et mat.

    Ce soir-là, Geneviève décida qu’elle ne voulait pas subir les harcèlements de son mari. Il fallait l’empêcher de rentrer.  Elle savait très bien que Robert allait faire un vacarme assourdissant. Que les voisin allaient s’en mêler, et qu’il finirait pas abandonner sachant ce qui lui en coûterait s'il continuait. Il n'était pas question non plus qu'elle lui ouvre si non, s'en était fichu de sa tranquillité. Elle ne voulait surtout pas ça, et l'on en comprend bien la raison ! Geneviève se doutait qu'il n'irait pas jusque là : une portes que l'on défonce, ça s'entend dans tout l'immeuble et au bout du compte, ça lui coûterait une nuit au poste si police secours se déplaçait encore une fois. Dans son ébriété, Robert en était conscient, mais malgré tout, il appelait sa femme, baragouinait des mots incompréhensibles. Ce qui qu’elle savait qui allait inévitablement se produire, se concrétisa par les portes des voisins en colère qui claquaient. Ce n'était que des ouvriers qui logeaient là, et ils se levaient tous vers les quatre heures du matin. Les dernières minutes de sommeil étaient, pour eux, précieuses, et de se faire réveiller de cette manière, ne leurs plaisait guère ! Le bruit s'arrêta soudain et la nuit se termina sans autres incident. L'ancien hôtel particulier redevînt calme et Pendant plusieurs jours, on ne revit plus Robert. Geneviève avait réussit son coup : Où était t-il ? Que faisait t-il ? Au fond, peut lui importait ce qu'il devenait, dès l'instant où elle pouvait faire ce qu'elle voulait de ses journées. l'ancien hôtel particulier redevînt calme et pendant plusieurs jours, on ne revit plus Robert. Geneviève avait réussit son coup.

     

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    L'insoumise

     

    Robert ricana :

    Je sens mauvais… mes mains on du cambouis sous les ongles… Je suis toujours saoul… et à qui la faute si je bois… Et même si je pus ! Et si j'ai envie de toi, moi ! Qui m’empêchera d’recommencer ! Hein ? Allez ? Dis-moi ?! T'es qu'une folle ! Tu vois pas que tu peux rien contre moi ?! T’es ma femme et tu peux rien faire cont’e ça !

    Geneviève, ivre de rage, menaça :

    Tu t'attends à ce que je capitule ! Et bien, je vais te faire regretter de m'avoir épousé !

    Geneviève poussait Robert dans ses derniers retranchements, et tout volait dans la maison. Les voisins alertés par le tapage appelaient Police Secours et Robert devait finir la nuit au poste. Geneviève, dans ces moments-là, se sentait en position de force et savait mettre à profit les traces de coup qu'elle avait reçu en montrant aux policiers les marques de mauvais traitements infligés par son conjoint. Elle savait le provoqué pour en arriver à un point de non retour, mais les conséquences des coups reçus lui laissaient des marques, des rougeurs qui viraient au bleu jaune vert délavé, se diffusant dans un teint terreux peu de temps après les coups qu’elle s’était pris. Elle se plaignait, devant les agents, gémissait, pleurait, morte de peur, et il y avait de quoi ! Elle se l’était bien cherchée, même si elle désirait ses coups pour avoir une preuve de la maltraitance de son mari !

    Les policiers faisaient leur devoir en enjoignant Robert de se calmer, le menaçant de se retrouver au poste s'il n'obtempérait pas. En fait, Ils se contentaient de le conseiller en le sermonnant, le prévenant que s'il y avait encore des plaintes de la part des voisins pour tapage nocturne, il serait embarqué au poste de police pour la nuit. Ils lui conseillaient donc d'aller cuver son vin chez quelques connaissances. Cela avait pour effet de le rendre raisonnable pour un temps. Sans un mot, Robert prenait son blouson devant les agents, puis disparaissait en claquant la porte.

    Ne voulant pas en rester là, Geneviève désirait déposer plainte :

    Regardez monsieur le policier : il me frappe ! Regardez mes bleus !

    Les policiers compatissants lui expliquaient :

    Madame. Il ne faut pas que vous attendiez beaucoup de votre plainte. Pour que vraiment votre plainte aboutisse, il faut un premier sang : autrement dit, que vous soyez blessée assez sérieusement pour que nous puissions intervenir.

     

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