• Mariage arrangé page -5-

     

    Mariage arrangé 

     

    Geneviève n’était pas heureuse depuis son mariage désastreux, mais n’en montrait rien. Dans sont deux pièces cuisine, Elle était désœuvrée et tournait en rond dans cet affreux logement. Enragée d'être obligée de rester là, en robe de chambre avec, aux pieds, des être mal fagotée : les cheveux en bataille, et pas débarbouillée. C'est sous cette apparence qu'elle arpentait de long en large le deux pièces cuisine qu'elle exécrait. Pour oublier un moment sa déprime, elle se plongeait dans des magasines de mode qu'elle feuilletait plusieurs fois de suite, rêvant devant de somptueuses toilettes qu'elle ne porterait jamais. A bout de nerf, ne craignant plus que robert rentre à l'improviste, elle s'habillait pour aller faire du " lèche vitrine ". Le long des rues bruyantes de passants, Geneviève s'arrêtait un peu partout devant les devantures de magasins, ce qui la conduisait finalement sur les grands boulevards de Paris. Il n'était pas rare, la nuit tombée, de voir arriver la jeune femme en taxi, et s'arrêter devant le quarante huit de la rue Mirabeau et l'apercevoir en descendre les bras chargés de paquets enrubannés. Elle s’engouffrait en hâte dans le couloir de l'immeuble sans même prendre le temps d'appuyer sur la minuterie qui éclairait mal le couloir malodorant qui menait jusqu'à la porte de son appartement. A peine celle-ci ouverte, une odeur de moisi emplissait ses narines. Elle retrouvait l'atmosphère irrespirable de son taudis qui lui donnait la nausée. La vaisselle du matin et de la veille trônait toujours dans l'évier de la cuisine, le linge sale traînait un peu partout et les meubles et le fauteuil qui agrémentaient le décor. Elle n’avait jamais aucune envie de faire le ménage. Dans la chambre à coucher, comme un reproche muet de son laisser aller, le lit n'était pas fait. Geneviève n'en avait cure. Robert avait beau lui faire des reproches, lui interdire de sortir, rien n'y faisait ! Vindicative et contestataire par définition, Geneviève n'en faisait qu'à sa tête. Plus d'une fois Robert avait surprit sa femme en flagrant délit de sorties tardives et de dépenses inconsidérées. Cela finissait généralement très mal : les extravagances de Geneviève s’insupportaient. Le couple s'affrontait ne laissant derrière eux qu'un champ de ruine où gisaient produits de beauté piétinés, flacons de parfum cassés robes lacérées et la lingerie fine réduite en de simples petits bouts de dentelle de nylon qui n'avaient plus rien à voir, de prés ou de loin, avec des dessous féminins. Quand aux bleus que Geneviève récoltait au cours de ces confrontations orageuses, ils mettaient plusieurs jours à se résorber l'empêchant, de cette manière, de commettre d'autres débordements. La jeune femme en avait assez de se faire taper dessus. Insidieusement, l'idée d'un divorce occupait toutes ses pensées et faisait son chemin dans son esprit. Elle ne comptait pas s'éterniser dans le rôle qu'on voulait lui faire jouer. Elle devait se consacrer à l'élaboration d'un plan le plus vite possible et faire avaler la pilule à ce mari qu’elle exécrait.

    Le soir même, lorsque Robert rentra de son travail, elle n'attendit pas longtemps pour l'informer de sa décision de retravailler et tant pis pour ce qui arriverait par la suite. Celui-ci inquiet demanda :

    Tu veux retravailler ?

     

    A suivre...

     

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