• Mariage arrangé page -4-

     

     

    Mariage arrangé page

     

    Là-bas, au pays, les filles ne s'occupaient que de besogner à la ferme de leurs parents. Elles aidaient aux tâches ménagères sans se poser de questions. Les travaux de la ferme qui consistaient à donner à manger aux poules, ramasser les œufs du jour qu'elles pondaient un peu partout dans la paille ou dans des endroits qu'elles choisissaient elles-même, les lapins qu’il fallait nourrir de luzerne fraîche et dont il fallait nettoyer les clapiers, les cochons qui réclamaient leur pâté leurs incombait. Tous les matins, elles étaient debout à quatre heure pour traire les vaches et ensuite porter le lait à la laiterie du village. Leur éducation de futures femmes de fermiers était faite : elles savaient ce qu'elles devaient savoir, un point c'était tout ! Pour les lessives, ça n'était pas une mince affaire non plus ; mais tout cela était, depuis des lustres, le travail d’une fille de parents fermiers. La femme d’un paysans travaillait autant qu’un homme, avec une ribambelle de gamins autour d’elle. A peine avaient-ils atteint l’âge pubère, que les garçons allaient avec leur père au champs travailler la terre.

    Ils apprenaient à se servir des outils dangereux comme les abatteuse trieuses qui coupaient le blé, le faisait ressortir en grains d’un côté et en bottes de foin de l’autre. Ils devaient connaître le calendrier pour les semences, à quel moment faire les plants et le ramassage des légumes une fois à terme, les fenaisons et savoir manipuler les charrues tirées par des chevaux de traie, traçant ainsi les sillons dans une parcelle vierge s’étant reposée un ans, afin de semer, de nouveau des graines.

    Les filles, elles, devaient observer vers les huit, dix ans, les tâches ménagères de leur mère. Tous les enfants d’une fratrie étaient éduquer en vu de faire les mêmes travaux afin d’aider le plus possible leurs parents et pouvoir, en temps voulu, reprendre le bien familiale. Tout ça, Robert connaissait très bien ; mais quant aux filles de la ville, alors là, c'était une toute autre affaire ! Pour celles qui en avaient les moyens, elles se maquillaient, s'habillaient à la dernière mode, mettaient des bas de soie à couture récupérés au marché noir. Celui-ci continuait à bien fonctionner et ne s'était pas arrêté juste à la fin de la guerre comme on aurait pu le penser ! Les femmes étant très ingénieuses se débrouillaient pour avoir, d’une manière ou d’une autre, le privilège de connaître une copine ayant des relations afin de profiter de tous les avantages que ce trafic procurait. Cela leurs permettait certaines prérogatives auxquelles les autres femmes plus modestes n'avaient pas accès. Qu'à cela ne tienne ! Les astuces faisant pur se confectionner de nouvelles tenues ne manquaient pas. Comme elle ne trouvaient plus de bas, elles se teignaient les jambes avec de la brou de noix ou une autre substance indélébile, ne partant qu’avec de l’eau chaude et du savon. Avec ces teintures : une plus foncée que l’autre, elles se dessinaient une fausse couture afin d’être, elles aussi, à la mode, comme celles dont elles enviaient les facilités avec lesquelles elles marquaient leurs différences. Elles mettaient également de drôles de chaussure à talons hauts compensés, fait de bois, car le cuir manquait encore pour faire des chaussures complètement en cuir. Ces accessoires faisait ressortir leurs attraits féminins que sont justement les jambes d'une femme : ce n’était pas pour déplaire à la gente masculine.

     

    A suivre...

     

    Ce roman est sous la protection d'un copyright 

    sceau copyright 

    Partager via GmailGoogle Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter