• Mariage arrangé page -17-

     

    Mariage arrangé 

     

    Les agents venaient avec le fourgon, mais n'en avaient rien à faire des scènes de ménage : les maris ayant tous les droits sur leur épouse au même titre qu'un meuble ou un animal. Elles devenaient, après le mariage, leur propriété. Dans ces années d’après guerre, la femme n'était pas très bien considérée malgré les progrès accomplis en ce domaine depuis... En somme, c'était comme-ci, ces femmes portaient psychiquement le tchador : invisible de l'extérieur, mais vécu journellement dans le secret de leur foyer... Il y avait encore de quoi faire au niveau de l'émancipation des femmes à cette époque : ne serait-ce que pour les droits de cuissage, les harcèlements dans les entreprises où les hommes gradés se croient tout permis et ou l'on pratique l'omerta, Les femmes ayant peur de perdre leur emploi... Il faut que l'enfer s'arrête, ne serait-ce que pour ces femmes, ces mères maltraités, comme cette femme déjà d'un âge avancé et dont je tairais le nom, ainsi que ses filles, obtienne complètement son, émancipation sur le plan juridique, et reconnues comme étant en légitime défense devant la brutalité et la domination que son monstre de mari exerçait depuis de très longues années sur elle et ses filles. La femme est un être humain à part entière ayant les mêmes droit vis à vis de la loi, que les hommes. D'ailleurs, aujourd'hui encore, des discriminations existent toujours : ne serait-ce que pour les salaires qui sont bien moins importants, à travail égal, pour les femmes. Les harcèlements continuent de plus belle, les viols sont, dans la plus part du temps pratiquement pas assez condamnés : les violeurs revendiquant leur plein droit devant une femme soit disant, consentante. En fait, les hommes s’octroient tous les droits sur les femmes et nous sommes en 2018… La loi ose condamner une femme qui à subit pendant 35 ans des violences conjugales et vu ses filles se faire violer par leur propre père sans oser rien faire par peur pour leur vie, et la sienne, à plusieurs années de prison pour préméditation. Mais comment aurait-elle pu faire ? La seule façon qu’elle avait de se sortir de cet enfer était de lui tirer un coup de fusil dans le dos afin qu’il ne puisse se rebeller et prendre le contrôle de la situation. Ça en dit long sur la justice, et combien de violeurs s’en sortent avec un an de détention, ou sans même une seule année de prison ? Il en aura fallu des pétitions à laquelle j'ai participé, pour qu'elle obtienne une grâce présidentielle, et non la reconnaissance de son innocence !  Mais revenons en à Geneviève.

    Malgré toutes ses tentatives afin d'obtenir gain de cause auprès des autorités, la jeune femme voyait bien que rien n’avançait. Elle ne comptait pas lâcher prise aussi facilement. Il fallait d'abord qu'elle trouve un emploi. De cette manière, elle pourrait devenir plus indépendante et surtout, en s’impliquant dans un métier autre que vendeuse ou bonne à tout faire chez sa mère, elle se prouverait à elle-même qu'elle valait mieux que tout ce que celle-ci lui avait répété à longueur de temps. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu inventer sur elle pour que ses sœurs la dédaignent, elles aussi ? Une chose la tracassait encore : son héritage. Elle comptait bien le récupérer sans qu'il soit trop écorné par son mari. Il n'étaient pas mariés sous séparation de corps et de bien selon la formule consacrée ; mais elle ne se laisserait pas dépouiller sans rien dire. De ce côté-là, il n’y avait pas d’ambiguïtés. Pas de partage de sa part. Elle devait se préparer au pire pour la demande de divorce. Car Robert ne serait pas d’accord. Elle s’y attendait. Se soulevait aussi le problème du logement à trouver, et de son déménagement. Geneviève devait s’éloigner de ce quartier qu’elle exécrait. Cela allait lui prendre un peu de temps avant de tout planifier dans les moindres détails ; mais à la perspective de se créer une nouvelle vie, Geneviève sentait une exaltation l’envahir. Il est sûr qu’elle avait peur ce que qu’elle aurait encore à subir le temps que tout se mette en place ; mais elle s’en sentait le courage et ne pouvait plus reculer. La force lui manquait pour continuer cette vie minable qu’elle menait. Elle ne supportait plus les violentes colères de Robert lorsqu’il n’arrivait pas à ses fins. Elle ne serait pas une femme battue et violée toute son existence ! Ça, jamais ! Il lui fallait gagner juste un peu de temps pour s’organiser.

     

     A suivre...

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Février à 11:16

    Bonjour

    ces années 50 étaient terribles pour le droit des femmes, heureusement cela a bien évolué

    meme si des erreurs sont encore là mais on a bien changé nos vies

    et les femmes respirent mieux qu’en ces temps moyenageux

      • Lundi 5 Février à 12:28

        Bonjour Philippe, Merci pour ta visite régulière, ce qui m touche beaucoup !

        T'es-tu bien reposé ce week-end ? moi, j'ai travaillé au roman.Tu t'en ai rendu compte. Je suis de 1947 et tout ce que j'avance, à part quelques erreurs car j'étais trop jeune pour tout comprendre et je me suis rendu compte de beaucoup de choses que j'ai vécu par moi-même qu'à l'âge de cinq ans. Plus tard... tu verras par toi-même. Il y a plus de vrais que de romancé dans ce manuscrit. La romance, c'est pour les trous que je n'ai pu combler, mais les scènes dont tu vas être témoin au fur et à mesure de ta lecture, sont réelles.

    2
    Lundi 5 Février à 18:16

    Coucou ma jolie Ghis. Je vois que tu as repris la plume. Toujours aussi captivants ces écrits. On est vite absorbé par ton récit. J'aime vraiment ces tranches de vie que tu nous livres si magistralement. Merci pour ton gentil coucou chez moi. Je te souhaite une agréable soirée. Gros bisous de Kannelia ♥

      • Mercredi 7 Février à 13:06

        Bonjour ma Kannelia, 

        Je n'avais pas lu ton petit message.

        Je te remercie ma chère Kannelia pour ton approbation sur les tranches de vies qui, pour la plus part ont été recherchées dans les petits tiroirs fermés depuis des décennies, de ma mémoire. Ça me fait un très grand plaisir de voir que vous appréciez mon style. N'oublies pas que ne n'ai pas fais d'études littéraires: ce qui était mon rêve... Alors, je suis doublement heureuse que vous veniez me lire. Gros bisous, Ghis.

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