• Mariage arrangé page -13-

     

    Mariage arrangé 

     

    C’était ainsi anciennement chez les gens de la terre qui avaient du bien. Dans ces familles, les fiancés n’avaient rien à redire. Ils se devaient d’accepter les décisions prises à leur place. C’était dans l’ordre des choses.

    Depuis son retour de l'hôpital et lasse de ses nombreux affrontements avec Robert, Geneviève avait décidé de ne rien faire pour entretenir l'appartement qu'elle considérait comme insalubre, mal orienté, mal achalandé, mal meublé et envahit par la vermine. N'ayant rien à faire de sa journée, elle se sentait désœuvrée. Elle errait d’une pièce à l’autre sans but précis. Chaque heure qui s’égrainait au carillon lui paraissait interminable. Geneviève s’ennuyait à mourir dans ce rez-de-chaussée humide de la rue Mirabeau. Le matin, bien après que Robert, ait commencer sa journée de très bonne heure au garage familiale, elle se levait, se faisait du café, avalait précipitamment la première tasse brûlante et se resservait un plein bol fumant pour le déguster lentement avec deux tartines de pain de campagne tout en écoutant le poste de TSF. Ça lui prenait bien une bonne partie de la matinée. Après le rituel du matin, elle commençait à tourner en rond devant la pile de vaisselle qui séjournait dans l’évier et la poussière qui envahissait les quelques meubles garnissant le logement. Pour oublier ces constants moments de déprime, elle se plongeait dans des magasines de mode prêtés par une voisine du rez de chaussée, avec qui elle avait sympathisé. Elle les feuilletait plusieurs fois de suite rêvant devant de somptueuses toilettes qu’elle ne porterait jamais. C’est dans ces moments là que, n’en pouvant plus d’être confinée dans cette odeur de moisissure et de renfermé, elle se lavait, se maquillait légèrement, s’habillait pour aller se promener et faire du lèche vitrine. A l’air libre, enfin elle respirait. Le long de ces grandes rues bruyantes de passants, agrémentées par la présence euphorisante des grands cafés qui bordaient les grands boulevards, Geneviève se sentait revivre. Devant les vitrines des magasins, son oppression disparaissait complètement. Elle ne se rendait pas compte qu’elle marchait depuis longtemps sans se soucier des heures qui défilaient. La plus part du temps, ses pas la conduisaient dans des grandes rues pleines de va et viens. Les passants qu'elle croisait la sortait de son cafard. En fin d'après midi, elle adorait observer les néons des magasins qui éclairaient leur devanture.

    Il n’était pas rare, la nuit tombée, d’apercevoir un taxi s’arrêter devant le quarante huit de la rue Mirabeau, et de voir en descendre une jeune femme élégamment vêtue, les bras chargés de parquets plus ou moins gros, et enrubannés, s’engouffrer en hâte dans la porte cochère de l’immeuble, puis dans ce couloir mal éclairé et mal odorant, jusqu’à la porte de l’appartement où elle habitait. La porte du deux pièces à peine ouverte, Geneviève retrouvait les mêmes murs du vestibule lézardés par où suintait une humidité latente, dégageant cet air malsain qu'elle redoutait, ce qui lui occasionnait des nausées et des difficultés à respirer. Le papier jaunit par endroits et délavé en d’autres coins de la salle à manger n'arrangeait pas les choses. Du linge sale traînait un peu partout sur les quelques meubles épars et disparates qui lui servaient de décor. Tout lui faisait horreur.

     

     A suivre...

     

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