• Mariage arrangé page -11-

     

    Mariage arrangé 

     

    Les bouses étaient un excellent combustible que l’on ramassait une fois bien séchées au soleil, afin de servir, pareil au bois, de combustible dans les grande cheminées murales ! Tout était utilisé dans les fermes, et ce linge exposés aux chauds rayons du soleil, séchaient tranquillement profitant de cette chaleur bienfaisante venant du ciel. Les draps blanchis par la chlorophylle de l’herbe, et la réverbération des chauds rayons solaires, donnaient au linge un parfum fleurant bon la campagne. Ils étaient toujours ramassés, en chantant. Les jeunes filles et femmes mariées caquetaient comme des poules. Les jours de grandes lessive, et le lavoir était ses seules distraction. Les demoiselles de fermes avoisinantes se mêlaient toutes ensembles, autant à la rivière, que pour aider à collecter le linge par famille. Elles se rendaient la pareille mutuellement jusqu’à ce que tout soit ramassé et soigneusement plié dans de grands paniers d’osier. Le travail des maîtresses de maison était de ranger dans de grandes armoires de chêne. Ça embaumaient la lavande. Les piles de draps venaient s’entasser, rangées au millimètre prés. Les chemises et autres petits linges, se retrouvaient tout aussi minutieusement rangés à leur place habituelle. Après avoir compté les draps et tout ce qui devait se trouver au complet dans les armoires, les lourdes portes de chêne étaient refermées à clef, cachant souvent des trésors en argent et bijoux transmis par héritage. Robert le savait parce qu’il avait vu sa mère faire de même. De plus, les rumeurs sur telle ou telle famille qui venaient d’hériter après le décès d’un proche allaient bon train, colportées de ferme en ferme, et de fermes en villages par des langues malveillantes et envieuses. Pas besoin se se fatiguer pour que les rumeurs fonctionnent bon train ! Le vent du nord se chargeait du reste... Robert savait prêter attention à tout ce qu’il se disait : A défaut de savoir parler aux filles il écoutait les quand qu’en-dira-t-on qui se propageaient à la vitesse grand V dans tous les cantons.

    Quant au trousseau de clefs de sa mère soumise à son époux, mais la matriarche de la maison, elle conservait toujours, pendant à sa taille, un lourd trousseau de clefs attaché solidement au bout d’un long cordon tressé et très solide. Robert avait toujours vu pendre ce trousseau à sa ceinture, ne quittant jamais le pan du tablier protégeant sa longue robe de drap épais pour ne pas la salir inutilement. Seuls les corsages étaient changés périodiquement : il fallait bien ça ! On ne lavait pas tous les jours dans les hameaux ! Ces clefs bien mystérieuses qui intriguaient beaucoup Robert, était une énigme pour lui. Il les entendait, rythmant les pas de sa mère où qu’elle soit dans la maison, pour ne s'arrêter que dans le trou d’une serrure à laquelle elle s'ajustait parfaitement. Toutes les armoires avaient leur propre clefs : une armoires s'ouvrait, le trousseau de clefs s'élevait jusqu'à la serrure puis, retombait lourdement le long du tablier et la robe dont je vous ai parlé plus haut. C'était sa mère qui s'occupait de la bonne tenue des comptes de la ferme, ce qui comprenait l’argenterie et tout ce qu’il pouvait y avoir de précieux à ses yeux était sous sa régence, en plus des terrains avoisinants qui rapportaient : blé qu’il fallait porter au meunier, avoine et seigle. La comptabilité lui incombait en son entière responsabilité. S'il y a bien une chose où sa mère régnait sur le foyer, c'était là où son père ne mettait jamais son nez. Il avait horreur de tenir les comptes à jours qui n'était pas son fort, et sa mère le faisait très bien. Là était son royaume et nul ne devait y mettre son grain de sel.

     

     A suivre...

     

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