• La rencontre page -9-

     La rencontre 

     

    Les brouhaha empêchaient les clients de s’entendre. Néanmoins, Bob réussit à se faire comprendre en parlant à l’oreille du serveur, puis fit signe à Geneviève de le suivre vers le fond de la salle où la tranquillité était tout relative au niveau sonorité. Bien à l’abri des curieux. Bob avisa une table et une banquette murale capitonnée, agrémentée d’une très grande glace ciselée qui donnait de la profondeur à la salle. Ils prit la main de la jeune femme qui le suivit docilement, pour prendre place sur la banquette, tandis que lui s’installait en face d’elle. Sans un mot, harassée de fatigue, Geneviève se laissa choir sur cette banquette qui l’invitait, et ferma les paupières...

    Bob se fichait bien de ce qui pouvait arriver à la clientèle de ce café. Ce qui lui tenait à cœur, c’était la jeune femme assise en face de lui :

    — Voulez-vous me confier ce qui vous tourmente ainsi ?

    — A quoi cela servirait-il ? Je vous l’ai déjà fais assez remarquer. Vous perdez votre temps avec moi. Répondit Geneviève toujours les yeux fermés.

    — Voyons. Un peu de courage ? Je viens à vous en ami. Avez-vous des amies ?

    — Ce ne sont que des collègues de travail. Ils ne peuvent rien pour moi parce qu’ils ne connaissent rien de ma vie et je le veux ainsi. Encore une fois : pourquoi vous intéressez-vous à ma personne ? C’est curieux, quand même ! J’ai une existence morne, et sans surprise depuis bien trop longtemps. Je suis déjà vieille avant même d’avoir vécu…

    Bob insista :

    Ne dites pas cela ! Il ne faut pas rendre les armes aussi facilement. Si je peux vous venir en aide, je le ferai. Allez ! Lancez-vous ! C’est le premier mot qui compte !

    Geneviève regarda longuement Bob dan les yeux… et craqua.

    — Je suis mariée comme je vous l’ai dis, et je n’aime pas mon mari parce que l’on m’a mariée, on peut dire, de force à un paysan pour une histoire d'héritage, et que je ne suis pas aimée dans ma famille. N'ayant pas mon mot à dire, parce n'étant pas encore majeur lors de ce mariage, je ne pu faire autrement que de m'exécuter, ou c'était le couvent. J’ai une petite fille de 22 mois… enfin, je croie ? Elle est née en janvier mille neuf cent quarante sept. Je ne m'en occupe pas. Enfin. Peut-importe…

    — Vous n’en êtes pas sûr de son âge ? Votre petite fille n’est donc pas avec vous ?

    — Non. Ma fille est en nourrice.

    Bob avança un des verres de cognac que le serveur venait de leurs apporter, et conseilla Geneviève d’en boire un petit peu afin de la réchauffer : ce qu’elle fit. 

      

    A suivre...

     

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