• La rencontre page -5-

     

    La rencontre 

     

    La rencontre fortuite au salon avec cet homme, avait révolutionné ses sens, et bien qu’elle ne s’en défende, au fond d’elle-même, elle savait quelle n’oublierait jamais plus son visage. Le fait d’y repenser avait, tout à coup, affolé son cœur. Si elle avait pu éviter d’échanger ces quelques mots avec le jeune homme qui lui avait fait si grande impression ? Si on ne lui avait pas refilé cette cliente au dernier moment. si... si… En somme, c’était ces deux facteurs déclenchant qui fatalement devaient, avec cet infernal samedi, la mettre dans l’embarras et, pour le compte, la déstabiliser. A présent, ses craintes étaient là, et bien là : fondées ou non… Depuis des mois, Geneviève, consciente du danger en provoquant Robert, continuaient son travail de sape moralement et psychologiquement. La jeune femme n’en pouvait plus de vivre ainsi. Tel un automate, elle avançait sur le trottoir humide, insensible à la vie qui grouillait autour d’elle. Seules, ses idées sombres lui servant d’escorte, et puis cette douleur au creux de l’estomac, la préoccupaient. Cela faisait plus de dix moi que son mari n’était pas reparut au domicile conjugale. Geneviève avait signalé sa disparition au poste de police sans grand résultat. L’appréhension : sa vieille copine de route, la rongeait tel un mal incurable qui, chaque soir, à la sortie du salon, et jusque chez elle, la rendait malade. Certains jours, et c’était le cas ce soir, les forces lui manquaient pour affronter cette porte d’entrée dissimulant ce qui pouvait se cacher derrière. Le trajet qui la séparait de son domicile, devenait le parcourt du combattant. Geneviève ressentait des vertiges, des nausées à la seule pensée de ce qui pouvait bien l’entendre au-delà de cette maudite porte d’entrée. Intérieurement, elle suppliait Dieu de le retenir loin d’elle encore un peu. Hâtant le pas vers cette station de bus, Geneviève qui marchait depuis dix bonnes minutes, ne s’était pas aperçu que quelqu’un marchait discrètement deux mètres derrière elle. De voir la jeune femme absorbée dans ses pensées, déconnectée du monde extérieur, Bob n’osait l’aborder. Il se contentait de mettre ses pas dans les siens, juste pour être presque à sa hauteur s’il s’avérait qu’il doive lui porter secours. Au bout d’un certain nombre de minutes, Geneviève se rendit compte d’une présence qui la suivait. Elle s’arrêta net, se retourna, non surprise de reconnaître le jeune homme du salon. Prête à vilipender l’importun, elle lui lança au visage :

    — Encore vous ?

    La mine faussement timide, Bob risqua quelques mots :

    Oui. C’est moi. Pardonnez mon insistence, mais… autant que je vous dise, fit-il faussement embarrassé : Je m’étais fait à l’idée que peut-être… Enfin, que vous accepteriez de prendre quelque chose de chaud en ma compagnie, en souvenir du salon.

      

    A suivre...

     

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