• La mal aimée page -28-

     

    "Autant en emporte la vie"

     

    Le complot page -2-

    La mal aimée

     

    Page -28-

     

    Comprenant qu'elle ne tirerait plus rien de la jeune mère, la sage-femme, se leva, resta quelques instants immobile, atterrée par ce qu'elle venait d'entendre, les bras ballants devant ce lit qu'elle ne pourrait jamais plus oublier.

    Elle entreprit de ranger sa chaise, prit la main de la jeune mère qui, cette fois, ne la retira pas et s'en alla comme elle était venu, non sans lui dire quelques mots d’encouragements pour les épreuves à venir qu’elle ne manquerait pas d’avoir à affronter.

    En se remémorant tous ses souvenirs encore brûlants dans sa mémoire, Geneviève se jura que jamais plus elle ne serait une victime. Ce retour en arrière sur ces mois d'enfer qu'elle avait vécu, lui avait appris au moins une chose : c'est qu'elle devait se battre pour protéger sa vie, même si elle devait y laisser des plumes. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Un sourire qui en disait long sur la tournure qu'allaient prendre les événements...

    Quelques jours se passèrent avant que Geneviève ne sorte de l'hôpital. Pas de bébé dans ses bras. Pas de mari l’accompagnant, non plus. La venue de sa mère ou de l’une de ses sœurs venant la chercher à sa sortie de la maternité l’aurait tout autant irrité.

    Rien que de savoir qu'elle devait retourner dans ce nid à ras qu'elle devait accepter comme étant son domicile, la faisait intérieurement fulminer.

    Geneviève allait encore devoir subir les avances maladroites de son époux. Elle allait, pour la énième fois, devoir se refuser à lui. Il fallait qu'elle s'attende à des rebuffades de la part de son seigneur et maître. Elle allait devoir encore ruser pour lui échapper : ce qui allait déboucher sur des disputes, des violences l’obligeant forcément à se soumettre. Cela devenait fatiguant à la longue ! Elle revivait la nuit de ses noces avec horreur et dégoût, et ne pouvait s’empêcher d'avoir peur. De revivre les avances de Robert chaque fois qu'il avait envie d'elle, la faisait frémir d’horreur et lui donnait la nausée. Comment allait t-elle procéder pour échapper à cette corvée ? Malgré elle, l’angoisse l’envahissait, soulignant son mal être au fur et à mesure que le bus se rapprochait de la station où elle devrait descendre pour continuer un moment à pied jusqu'à la porte cochère du quarante huit de la rue Mirabeau.

      

    A suivre... 

     

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