• La mal aimée page -2-

     

    La mal aimée

     

    Le malheureux ambulancier ne savait plus quoi faire pour aider la jeune femme et il sentait son assurance professionnelle le quitter.

    Il épongeait son front, lui parlait doucement tout en lui tenant la main lorsque les douleurs reprenaient de plus belle. Geneviève, à l’évidence, semblait nourrir un ressentiment très fort contre il ne savait trop quels démons dont apparemment, sont esprit ne pouvait se débarrasser.

    Intuitivement, L’ambulancier sentait une sourde colère émaner de toute sa personne, ce qui, probablement, devait décupler l’intensité de ses douleurs. Il ne pouvait absolument rien tenter de plus pour l’aider et commençait à trouver le trajet la conduisant à l’hôpital décidément bien trop long à son goût. Le chauffeur ne pouvait pas aller plus vite sans risquer l’accident.

    Enfin, l’ambulance pénétra dans la cour du centre hospitalier, ce qui mit fin à son supplice. Geneviève, comme dans un brouillard, entendit des bruits extérieurs, des voix qui donnaient des ordres, mais qu’elle n’arrivait pas à définir. Une douleur plus forte que les autres la fit sombrer progressivement dans une inconscience qui ne lui permettait plus de rassembler ses idées. Une brume épaisse l’enveloppa toute entière. Elle devina plus qu’elle ne vit les portes arrière du véhicule s’ouvrir sur deux brancardiers qui empoignèrent la civière où elle gisait, ne se souciant pas plus que cela de son état qui, pour eux, était du domaine du normal.

    On la conduisit à travers un dédale de couloirs qui, de toute évidence, devaient mener à la salle d’accouchement. Geneviève ne résista plus à la tempête intérieure qui la dévastait et se laissa aller.

    A son réveil, elle entendit une grosse voix de femme lui annoncer la naissance de son bébé avec une satisfaction toute professionnelle : Toujours pas de signe de joie de la part de l’accouchée. La sage-femme continua :

    — Vous ne pourrez voir votre petite fille avant un certain temps. Vous pourrez la voir lorsqu’elle sera plus forte et que vous serez mieux. Reposez-vous.

    Les prunelles vertes de Geneviève trahissait une profonde angoisse. Ce qui semblait n’être peut-être qu’une fausse idée de la part de la sage-femme qui l’avait accouchée. Celle-ci l'observait avec une curiosité à peine dissimulée. Un je ne sais quoi, pourtant, dans le comportement de la jeune femme, l'intriguait.

    Geneviève avait du mal à ne pas montrer son dépit de savoir son bébé en vie. Elle avait tant espéré la savoir décédée à la naissance ?

    Des larmes de rage qu'elle voulait retenir envahissaient ses yeux. La sage-femme ne voulu pas croire à ce qu'elle lisait dans ce regard paniqué qui, dans un tel lieu, n'était pas de circonstance. Cette jeune femme n’était encore qu'une enfant.

     

    A suivre... 

     

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