• L'insoumise page -9-

     

     L'insoumise

     

    Elles avaient également une habitude qu’il aimait par dessus tout, c’était leur panier d’osier qu’elles calaient sur une de leurs hanches. Il sentait encore l’odeur des pains de savon dont elles se servaient, ce qui laissaient au linge une agréable odeur de fleurs des champs au pliage. Toute cette effervescence lui plaisait. Robert aimait aussi les voir se chamailler. Les vieilles étaient toujours en train de ronchonner : et ça rouspétait, rouspétait de plus belle, si bien qu'à la fin de la journée, au lavoir, entre les cancanières et les filles pleine de joie de vivre, tout le monde était épuisé. Lorsque les anciennes jugeaient que les draps et linge de maison étaient parfaitement propres, elles tordaient avec précaution chemises, robes, corsages, jupes et jupons, caleçon et pantalons en s'aidant mutuellement. Ensuite, elles allaient tout étendre dans les prés avoisinants leur domaine, ce qu'elles avaient si bien fait bouillir, rincé, lavé et tapé pendant les trois longs jours de grande lessive réglementaire. Rien ne valait les prés d’herbes tendres de leur champs où les vaches n’avaient pas accès à cause de leurs bouses. Il ne fallait pas tacher ce linge resplendissant de blancheur ! Par contre, les bouses étaient un excellent combustible que l’on ramassait une fois bien séchées au soleil, afin de servir, pareil au bois, pour se chauffer dans les grande cheminées murales des fermes : Tout était utilisé dans les fermes, et ce linge exposés aux chauds rayons du soleil, séchaient tranquillement profitant de cette chaleur bienfaisante venant du ciel. Les draps blanchis par la chlorophylle de l’herbe, et la réverbération des chauds rayons solaires, donnaient au linge un parfum fleurant bon la campagne. Ils étaient toujours ramassé et pliés en chantant. Les jeunes filles et femmes mariées caquetaient comme des poules les jours de grande lessive, et le lavoir était leur seule distraction. Les demoiselles de fermes avoisinantes se mêlaient toutes ensembles, autant à la rivière, que pour aider à collecter le linge par famille. Elles se rendaient la pareille mutuellement jusqu’à ce que tout soit ramassé et soigneusement plié dans de grands paniers d’osier. Le travail des maîtresses de maison était de ranger dans de grandes armoires de chêne. Ça embaumaient les petits sacs de lavande que les fermières avaient l’habitude de glisser entre les piles de draps qui s’entassaient, rangées par rangées, au millimètre prés. Les chemises et autres petits linges, se retrouvaient tout aussi minutieusement rangés à leur place habituelle. Après avoir compté les draps et tout ce qui devait se trouver au complet dans les armoires, les lourdes portes de chêne étaient refermées à clef, cachant souvent des trésors en argent et bijoux transmis par héritage. Robert le savait parce qu’il avait vu sa mère faire de même.

     

     A suivre... 

     

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