• L'insoumise page -8-

     

     L'insoumise

     

    Le  reste du linge fait de coton plus fragile que le métis, ne bouillait pas. Les tissus grand teint comme les torchons, les serviettes de toilette, les nappes, les serviettes de table que l’on désignait comme grand teint : ce qui signifiait qu’elles ne déteignaient pas, avant de pouvoir sortir ce linge l’un après l’autre une fois qu’il était assez refroidi pour le manipuler, l’essorer puis, le charger dans des brouettes de bois où l’on avait disposé un vieux morceau de drap sec et propre qui devaient recevoir le linge car il fallait encore aller à la rivière où se trouvait le lavoir. C'est là que toutes les femmes jeunes ou plus âgées que l'on appelait les lavandières, venaient battre les draps et tout ce qui était en coton. Le battoir était de rigueur : outil indispensable pour pouvoir battre la lessive à la rivière en contrebas où coulait une eau limpide, douce et fraîche. Le travail le plus harassant était de battre, battre et rebattre les tissus afin d'évacuer tout le savon et la saleté. Tout ce labeur ne s'arrêtait pas là. Il fallait encore rincer abondamment le linge dans cette eau courante et chantante. Pour se donner du cœur à l'ouvrage, les lavandières chantaient, mais ne faisaient pas que fredonner des airs qu’elles avaient apprit de mères en filles ! Non ! C'était aussi des airs à la mode comme :

    Connaissez-vous les lavandières : Les lavandière du Portugal — ?

    Les plus jeunes chantaient à tue tête, ce qui énervait passablement les vieilles paysannes,Robert se souvînt du temps ou il était encore jeune homme. Il connaissait tellement bien les habitudes des filles du pays. Il aurait préféré se marier avec une fille de la campagne. Les souvenirs lui revenaient par bribes. Il se revoyait en train de les espionner caché derrière les buissons jouxtant les abords de ce ruban d’eau vive qui serpentait à travers collines, monts et vallées. En cachette de son père, bien sûr ! Il grignotait quelques minutes de son temps sur le travail des champs pour admirer les beautés du village. Ho ! Il ne faisait rien de mal ! Il aimait les voir laver le linge, et le taper avec leur battoir, bavarder, entonner le chants des lavandières, se trémousser en riant, un foulard retenant leurs cheveux dont on voyait, parfois, s’échapper une mèche rebelle. Elles relevaient un coin de leur jupe longue qu’elles coinçaient entre leur fine taille, et leur ceinture de jupe. Souvent robert les voyait s’activer au lavoir pieds nus.

     

     A suivre... 

     

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