• L'insoumise page -4-

     

     L'insoumise

     

    Geneviève poussait Robert dans ses derniers retranchements, et tout volait dans la maison. Les voisins alertés par le tapage appelaient Police Secours et Robert devait finir la nuit au poste. Geneviève, dans ces moments-là, se sentait en position de force et savait mettre à profit les traces de coup qu'elle avait reçu en montrant aux policiers les marques de mauvais traitements infligés par son conjoint. Elle savait le provoqué, mais les conséquences des coups reçus lui laissaient des marques, des rougeurs qui viraient au bleu vert délavé, au jaune atténué par un teint terreux peu de temps après les coups qu’elle s’était pris. Elle se plaignait, devant les agents, gémissait, pleurait, morte de peur, et il y avait de quoi, mais elle se l’était bien cherchée, même si elle désirait ses coups pour avoir une preuve de la maltraitance de son mari envers elle !

    Les policiers faisaient leur devoir en enjoignant le mari de se calmer, le menaçant de se retrouver au poste s'il n'obtempérait pas. En fait, Ils se contentaient de le conseiller en le sermonnant, le prévenant que s'il y avait encore des plaintes de la part des voisins pour tapage nocturne, il serait embarqué au poste de police pour la nuit. Ils lui conseillaient donc d'aller cuver son vin chez quelques connaissances. Cela avait pour effet de le rendre raisonnable pour un temps. Sans un mot, Robert prenait son blouson devant les agents, puis disparaissait en claquant la porte.

    Ne voulant pas en rester là, Geneviève désirait déposer plainte :

    Regardez monsieur le policier : il me frappe ! Regardez mes bleus !

    Les policiers compatissants lui expliquaient :

    Madame. Il ne faut pas que vous attendiez beaucoup de votre plainte. Pour que vraiment votre plainte aboutisse, il faut un premier sang : autrement dit, que vous soyez blessée assez sérieusement pour que nous puissions intervenir. C'est la loi. Pour l'heure, nous ne pouvons faire plus. Nous vous conseillons quand-même d'aller voir un médecin pour faire constater les ecchymoses sur votre corps. C’est tout ce que vous pouvez faire dans l’état actuel des choses. Geneviève, insoumise, et rebelle, avait vite compris qu'elle pouvait tirer partie des fuites désespérées de son mari lors des affrontements avec la police. Dormir seule ces nuits-là, était pour elle un indescriptible soulagement. Après le départ précipité de Robert, Geneviève savait qu'il ne rentrerait pas de la nuit. Elle prenait alors bien soin de bloquer la porte avec son double de clef qu'elle laissait dans la serrure après lui avoir fait faire un demi-tour, ce qui empêchait que l’on puisse l’éjecter de l’extérieur.

     

     A suivre... 

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 7 Février à 18:05

    J'adore ce que tu écris!

    Bisous

      • Mercredi 7 Février à 18:11

        Ah! ça me fait très plaisir ce que tu me dis! Merci beaucoup ! Je ne sais plus ton petit nom ? Pardonnes-moi. Pour connaître l'histoire, tu as été lire à l'accueil le résumé  ? Je te remercie de ton passage. Bises Ghis.

    2
    Jeudi 8 Février à 09:21

    Bonjour

    le pauvre destin de Genevieve continu,

    a l'epoque les hommes avaient tout le pouvoir,

    a part le mettre en prison une nuit, rien ne pouvait le détacher complétement de la pauvre femme

    c'est bien que ce recit meme fictif puisse temoigner de l'epoque difficile

     

      • Jeudi 8 Février à 17:45

        Je tiens absolument à être le miroir de cette époque puisqu'en partie, je l'ai vécue à travers ce qu'ont vécu les protagonistes de cette histoire. Dans les années cinquante deux, j'avais cinq ans et aux années cinquante sept, j'avais à mes dix ans, j'ai été témoins de beaucoup d’événements traumatisants dans tous les sens du terme dans ma jeune vie, et puisque quelque part, j'ai la chance ( est le don ) de détailler ce que j'ai vécu et ce dont je me souviens encore, je me dois de l'expliquer. merci pour ta gentille visite chez philippe.

    3
    Jeudi 8 Février à 15:20

    Hello Ghislaine

    Si je comprends bien il y a encore de l'orage dans l'air, hihihi

    Robert croit que sa femme est sa propriété?  Il faut lui apporter un démenti bien vite, hihihi

    A bientôt pour la suite des malheurs de Geneviève.

    Gros bisous

    Jo

      • Vendredi 9 Février à 14:42

        Pour le moment, ce n'est plus un simple orage ; mais une tornade qui se dessine à l’horizon...

    4
    Vendredi 9 Février à 10:01

    Bonjour

    je viens  te souhaiter un bon weekend

    pas trop de neige ou de verglas dans ton coin,

    la chaleur de la maison et regarder la belle neige des jeux olympiques a la télé car eux ils en ont besoin d'un tas de flocons sur leur piste he

      • Vendredi 9 Février à 14:40

        Tu as raison cher Philippe.  

        Je vais faire comme toi, bien qu'il n'y ait pas de neige (encore) dans le var... Mais on ne sait jamais avec Dame Nature ?

    5
    Vendredi 9 Février à 12:09

    Hello Ghislaine

    Le récit commence à prendre corps, bravo

    Nous attendons la suite.

    Gros bisous

    Jo

    6
    Vendredi 9 Février à 12:48

    Hello chère amie

    Les choses se précisent, bravo

    l'angoisse monte nous attendons la suite, hihihi

    Que les teigneuses sans talent et jalouses aillent au diable, hihihi

     

    Gros bisous

    Jo

     

      • Vendredi 9 Février à 14:38

        Merci mon ami Jo,

        Pour rien au monde, tant que tu resteras avec nous, tes amies, nous nous passerons de toi, ton humour, et ta gentillesse. Et Bée, je croie que j'ai pigé le truc! Tu voila en pleine page ! Youpi ! Je vais pouvoir remettre le filtre. Hi!HI!HI! Bisous, Ghis.

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