• Chez tante Odile page -3-

     

    Chez tante Odile

     

    Mon bébé se portait bien d’après les docteurs venant régulièrement me rendre visite. Je le sentais bouger en moi et je désirais ardemment le tenir bientôt contre moi. Il était le fruit le l’amour que nous nous portions Warren et moi, et je comptais bien garder. Tante Odile avait fait venir de la ville de Londres tout ce qu’il fallait pour installer au mieux mon bébé qui devait ne pas être loin de moi. Il y avait un jolie berceau en oser à bascule, agrémenté d’un voile. Pour les promenades, elle avait déjà faire venir un superbe landau Anglais. Les trousseaux étaient doubles et de deux couleurs : bleu et rose. Tout était magnifiquement assortit !

     

    Je ne voulais plus retourner dans ma famille qui ne m’aimait pas ; mais ma mère avait son idée et rien ne la ferait dévier du plan machiavélique qu’elle avait échafaudé à mon attention. De son point de vue, il était bien question, qu’elle me sépare de mon bébé. Pour elle, j’allais mettre au monde un enfant sans père donc, un bâtard. Les bâtards sont toujours tenu loin des regards trop curieux, et pour ne pas que la justice ne s'en mêle. Une fois placés, Les mères légitimes ne pouvaient plus prétendre reprendre leur enfant. Et puis, il y avait des jeunes femmes qui, une fois accouchée sous X, se retrouvaient dans un déni total. Cela ne représentaient, pour elles, que l’objet de leur honte : ces petits bâtards étaient considérés comme les rebut d’une société très puritaine.

     

    Lorsque j’appris le sacrifice de mon Warren en 1945, et qu’il ne connaîtrait jamais son enfant, j'ai d’abord cru mourir de chagrin ; mais lorsque ma mère me fit enlever ma petite fille que j’ai tenu dans mes bras à peine quelques jours, je cru mourir de douleurs. Deux hommes à ses ordres moyennant, je le suppose, un bénéfice financier substantiel pour eux, vinrent m’enlever ma petite Chantal. Tante Odile eut beau tout faire pour les en empêcher, aidée des hommes de la domesticité, elle ne put rien faire contre ces monstres dont la force était colossale. Deux de de ses domestiques s’étaient retrouvés à terre, assommés par ces deux brutes qui m’arrachèrent ma petite fille des bras. A partir de cet instant, je hurlais de désespoir et frisais littéralement la folie ! Je revivais la scène en permanence. J'entendais mon bébé pleurer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, surtout au moment des tétées : ma petite fille réclamait sa maman ! Mes seins gonflés me faisaient horriblement souffrir. Ils étaient tellement gorgés de lait qu'il suintaient sans arrêt. Ma tante était obligée de me mettre des compresses avec de nouveaux bandages pour faite tenir les pansements qu'elle changeait très souvent afin d'absorber le liquide crémeux qui coulait sans interruption de mes mamelons enflammés. Si j'avais pu au moins nourrir mon enfant ? C’était un besoin vital de sentir sa petite bouche avide me vider de mon essence de vie. Un besoin de sentir son petit corps fragile contre le miens. Ce désir que j'avais de la nourrir envahissait mon esprit au point que je ne pensais plus qu'à ça. Il fallait que je mélange mon odeur à la sienne pour que la fusion entre elle, son papa qui n’était plu...et moi soit parfaite. Je ressentais ce besoin comme une ultime union entre nous trois par delà la mort.

     

      A suivre... 

     

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