• Chez Orial page -5-

     

    Chez Orial 

     

    Patrick avait repéré, chez la jeune femme, un talent qui promettait. La manière dont elle manipulait les cheveux ne le trompait pas et il l’avait tout de suite prit à part pour lui proposer d’apprendre le métier de la la coiffure. Aussitôt, il l’avait initié au à la façon dont on devait s'y prendre pour shampouiner les cheveux courts ou longs, comment savoir  réussir une coupe sur cheveux de n'importe quelle longueur, savoir monter une mise en plis, monter une permanente, teindre ou décolorer les cheveux, monter des chignons bouclés ou banane, et donner le dernier coup de peigne à une cliente. Ce grand garçon filiforme, aimable de sa personne, la trentaine environ, cheveux blonds, yeux bleus couleur menthe à l’eau, teint pâle, mains fines et longues intriguait beaucoup Geneviève. Malgré les question qu’elle se posait sur le jeune homme, elle était avide d’apprendre, et ne voulu pas s’embarrasser de préjugés. Elle su mettre de côté ce qui ne la regardait pas, ne se consacrant uniquement à son travail. Elle grimpa vite les échelons. Son savoir faire la fit apprécier des clientes les plus exigeantes. Les talent qu’elle déployait dans la manipulation de la chevelure, son inventivité capillaire la désigna bientôt comme première coiffeuse de l’établissement. Il y avait bien quelques jalousies au sein de ces collègues, mais Geneviève n’en avait que faire du moment que tout se déroulait comme elle le souhaitait, et c’était là son but principal pourtant, un soir du mois de novembre 1949, et pour situer les mois qui s’étaient écoulés depuis son accouchement, sa petite fille, toujours en nourrice, avait alors 22 mois. Je disais donc qu’un soir de novembre quarante neuf, un froid glacial avait envahi la capitale parisienne pour ne pas attendre le bus trop longtemps, Geneviève se faisait raccompagner par des collègues, pas toujours les mêmes, qui la déposaient devant chez elle. D’un caractère enjouée depuis qu’elle se sentait libre, elle acceptait de bon cœur les invitations à boire un thé ou un café avant de rentrer, ce qui la mettait dans des situations très inconfortables. De plus en plus longues, ses escapades bien innocentes, mais de plus en plus nombreuses, empiétaient sur le temps qu’elle réservait à la mise en place de son plan. L’imprudence se trouvait bien trop souvent sollicitée… Un de ces soirs de détente où elle n’avait pas prêté attention à l‘heure, elle se retrouva en présence de son mari qui était là depuis quelques minutes ; son regard interrogatif et courroucé fit le tour de la silhouette de Geneviève en un peu moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Elle comprenait très bien sa gestuelle et tel qu’il était là, on aurait dit un gros chat qui se délectait de la peur qu’il lisait dans ses yeux. En un revers de situation, Geneviève était devenue sa proie. Il ne décrocha pas un mot, laissant ainsi sa femme dans l’expectative.

     

    A suivre...

     

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