• Chez Orial page -3-

     

    Chez Orial

     

    Elle rêvassait tout en peignant ses beaux cheveux blonds, enfila une chemise de nuit puis, elle esquissa un léger pas danse, et se laissa choir dans ce grand lit tout propre en fredonnant un air qu’elle avait entendu dans l’après midi. Elle ne pouvait s’empêcher de se laisser aller à la rêverie, et se surprit à sourire puis, elle plongea progressivement dans un profond sommeil réparateur.

    Les journées lui paraissaient courtes pour Geneviève qui travaillait déjà chez Orial depuis plus d’un mois. Chaque jour qui s’écoulait était, pour elle, un enchantement. La clientèle masculine, toujours à l’affût de nouvelles têtes, l’avait tout de suite remarquée et adoptée. Certains hommes n’hésitaient pas à passer en douce devant d’autres pour être chouchoutés par ce beau brin de fille qui leurs mettait tous le cœur en capilotade. Geneviève se rendait compte de l’effet qu’elle leurs faisait, et les compliments dont, discrètement, ils la couvraient, la troublait au plus haut point. Elle se rendait compte qu’elle aimait les hommages de la gente masculine : cette sensation, nouvelle pour elle, la galvanisait, et son énergie s’en trouvait décuplée.

    Jusqu’ici, les jours s’écoulaient sans problème majeur, et Geneviève s’ingéniait à changer ses habitudes afin d’éviter toutes questions qui auraient immanquablement amené son mari à devenir curieux sur son emploi du temps. Quand il était là, et qu’il exigeait sexuellement son dû en tant que mari, elle cédait sans aucune complaisance. Sa froideur interpellait Robert qui ne comprenait pas les raisons pour lesquelles elle avait changé d’attitude envers lui. Elle ne participait nullement à son plaisir amoureux, et comme il s’y prenait mal, ne pensant qu’à lui, cela arrangeait bien la jeune femme qui ne supportait pas de le sentir en elle, et de le voir s’endormir, ronflant comme une locomotive et refoulant le vin à plein nez. Il lui arrivait aussi de se réveiller en pleine nuit après avoir cuvé une bonne partie de l’alcool consommé, pour prendre sa femme, sans même s’inquiéter si elle était consentante. Ces nuit-là étaient un supplice pour elle ; mais il fallait au moins ça pour endormir sa méfiance... En tenant compte de ses problèmes de couple, une trêve, malgré tout, très fragile, s’était établie entre eux. C’était la seule solution que Geneviève avait trouvé pour avoir la paix. Robert acceptait la situation sans trop chercher les raisons qui les avaient mené à cet armistice précaire ; mais qui avait l’air de fonctionner : la maison était mieux tenu, les repas préparés seulement quand il était là, étaient mangeables. Geneviève avait son petit secret pour que tout soit en ordre : Elle payait une femme de ménage qui s’occupait de l’entretient du deux pièces cuisine.

     

    A suivre...

     

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