• Chez Orial page -10-

     

    Chez Orial

     

    Chaque mercredi, accompagnée de Juliette, ces simples petites joies étaient devenus son univers, son bonheur à chaque fois renouvelé par les mêmes émotions, les mêmes sensations, le même plaisir de se retrouver dans Paris, sans personne pour lui dicter sa conduite. Le soir descend lentement sur la ville. Geneviève consulte sa montre : rien ne presse. Encore une heure ou deux à traînasser sans rendre de compte à qui que ce soit. Elle et son amie Juliette, adoraient la ville se parée de ses lumières au fur et à mesure que la nuit tombait. Paris se transformait et sa féerie les subjuguait. Un dernier petit extra dans un de ces cafés accueillants et le taxi était là pour les ramener à leur domicile. Geneviève ne se doutait pas un seul instant de ce qui l’attendait à son retour. Ses préoccupations du moment étaient à l’opposé des craintes qui, à l’ordinaire, torturaient son estomac…

    Dix neuf heure trente sonnait au clocher de l’église, lorsque Geneviève ouvrit la porte sur une clarté qui n’était pas de bonne augure. Aussitôt la peur s’empara de tout son être devant le visage fermé de Robert qu’elle n’attendait pas après plus de quinze jours d’absence. Ses poings serrés brandissaient des bouts de chiffons provenant de ses vêtements lacérés, tels des trophées de guerre. Devant l’évidence de la situation, Geneviève un moment d’hésitation. Robert ne lui laissa pas le temps de se composer une attitude. Ce qu’il venait de découvrir l’avait passablement dégrisé pour ce qu’il projetait d’infliger à sa femme.

    D’où tu viens ?

    Pour donner le change, la réplique de Geneviève fut détachée, mais en même temps, provocante.

    Ça te regarde ? Est-ce que je te demande d’où est ce que tu viens et ce que tu as fais pendant ces quinze jours ? D’ailleurs, en te regardant, sale, débraillé, sentant la vinasse, je n’ai pas besoin de plus de détails pour m’en faire une idée. Il faut dire que je m’en fiche complètement.

    Tu crois pas qu’tu vas t’en tirer comme ça ! Gronda Robert, J'suis ton mari devant la loi ! J’fais c’que veux, pas toi.

    Et bien, celle-là, c’est la meilleur ! Tu t’en vas on ne sais où, et tu reviens on ne sais quand, et je dois rester à la maison en attendant que mon seigneur et maître passe de nouveau la porte sans même rendre de comptes ? J’ai le droit de vivre moi aussi ! De toutes façons, je ne te dirais rien ! C’est ma vie et je fais ce que je veux ! Je n’ai aucun compte à te rendre !

    A suivre...

     

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