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    "Autant en emporte la vie" 

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    La mal aimée

      

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    Le train roulait à vive allure et j’entendais, par intervalles réguliers, les saccades occasionnées par les interstices des rails ce qui, en apparence, me berçaient. Je fermais les yeux pour ne pas voir certains voyageurs que je connaissais et à qui je ne voulais pas rendre de comptes. Donc, le train roulait et roulaient avec lui mes pensée... Pourquoi ? Pourquoi tant de méchanceté envers moi ?

    Je finis par m’assoupir un assez long moment, car ce fût le ralentissement du train et le bruit des roues qui grinçaient sur les rails, puis l'arrêt complet du train qui me signifia, pour la première fois, que je faisais partie d'un voyage qui m'éloignaient de ma mégère de mère : j'étais arrivée à destination. Tante Odile m'attendait sur le quai et me faisait de grands signes de bienvenue. Je savais que le voyage ne s’arrêtait pas là ; mais ça me faisait chaud au cœur d'être accueillis avec tant de chaleur et de bienveillance : ça me changeait de l’atmosphère de la maison où j'avais jusqu'ici, par obligations, vécu en recluse. Je fus accueillit avec une gentillesse délicieuse. Tante était très heureuse d'avoir à nouveau près d'elle quelqu'un avec qui converser. Elle s'occupa fort bien de moi. Nous prîmes le bateau qui devait nous conduire à Londres, puis dans le Sussex.

    A peine arrivées, ma tante donna des ordres pour que l’on me prépara une des plus belle chambres du château.

    Lorsque je fut présenté à tous les domestiques, que l’on eut porté mes bagages là ou je devais séjourner pendant le reste de ma grossesse, tante Odile commença par me faire enlever tous ces bandages qui me comprimaient le ventre et la poitrine, ce qui me fît très mal. Elle décida donc de me les laisser pour quelques jours encore tout en commençant par les desserrer un peu plus chaque jours, lors de ma toilette du matin et du soir, tout en s’offusquant de tant de cruauté de la part de sa belle sœur.

    Dans cet immense demeure, j’avais pour moi toute seule une femme de chambre qui devait s’occuper de mon état et me servir afin que je puisse me reposer. Tout ce qui concernait la vie du château était la tâche des domestiques. Je n’avais donc rien à faire, à part me promener avec ma tante, parler, écouter sa vie avec Lord Byron, son grand amour, de la musique classique, lire et me reposer le plus possible.

     

    A suivre... 

     

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    Dans cet immense demeure, j’avais pour moi toute seule une femme de chambre qui devait s’occuper de mon état et me servir afin que je puisse me reposer. Tout ce qui concernait la vie du château était la tâche des domestiques. Je n’avais donc rien à faire, à part me promener avec ma tante, parler, écouter sa vie avec Lord Byron, son grand amour, de la musique classique, lire et me reposer le plus possible.

    Tante Odile s'occupa tellement bien de moi pendant le temps qui me séparait de l'accouchement, que j’avais repris du poids, affichant un ventre bien rond, faisant plaisir à voir. Je désirais ardemment mon bébé. Il était le fruit le l’amour que nous nous portions Warren et moi. Mais ma mère avait son idée et rien ne la ferait dévier du plan qu’elle avait échafaudé. Il n’était pas question, de son point de vue que je puisse garder mon bébé. Pour elle j’avais mis au monde un bébé sans père. Les bâtards sont toujours tenu loin des regards trop curieux pour ne pas que la justice s'en mêle et que les mères légitimes ne puissent prétendre à la maternité d'un de ces pauvres enfants non désirés. Les bâtards sont toujours tenu loin des regards trop curieux pour ne pas que la justice s'en mêle et que les mères légitimes puissent prétendre à la maternité d'un de ces nouveaux-nés qui représentaient pour elle que des rebut de la société. Quand Warren fût tué, J'ai cru mourir de chagrin. Mais lorsque ma mère m'enleva ma petite fille, j’ai cru devenir folle.

    Je frisais littéralement la folie ! J'entendais mon bébé pleurer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, surtout au moment des tétées. Il me réclamait : ma petite fille réclamait sa maman ! Mes seins gonflés, comme les mamelles d'une vache lorsqu'elle n'est pas traie depuis des jours, me faisaient horriblement souffrir. Ils étaient tellement gorgés de lait qu'il suintaient sans arrêt. Ma tante était obligée de me mettre des compresses avec de nouveaux bandages pour faite tenir les pansements qu'elle changeait très souvent afin d'absorber le liquide crémeux qui coulait sans interruption de mes mamelons enflammés. Si j'avais pu au moins nourrir mon enfant ? C’était un besoin de sentir sa petite bouche avide me vider de mon essence de vie. Un besoin de sentir son petit corps fragile contre le miens. Ce désir que j'avais de la nourrir envahissait mon esprit au point que je ne pensais plus qu'à ça.

     

    A suivre... 

     

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    Il fallait que je mélange mon odeur à la sienne pour que la fusion entre elle et son papa et moi soit parfaite et nous unisse par delà la mort.

    Pendant des mois je me laissais ronger par la douleur d'avoir perdu mon Warren et ma petite fille. Des abcès vinrent compliquer les choses en faisant de ma poitrine un foyer de microbes qui m'empoisonnaient petit à petit. Ma propre vie n'avait plus aucun sens sans l'amour de ma vie et mon bébé. Ma tante ne savait que faire. Les médecins des alentours avaient tous fais le chemin de Manchester jusqu’au hameau " the castel pink" (Le château aux mille roses) pour essayer de trouver un remède miracle qui jugulerait l'inflammation dû à l’infection.

    Je me laissais décliner ne faisant rien pour m'accrocher à la vie sachant qu'une fois rentrée, rien ne m'attendait d'heureux en Normandie. C'était sans compter avec tante Odile qui, à force de dévouement, de douceur, de soins attentifs , d'écoute, accomplit le miracle que nul, à part elle, n'aurait pu réussir. Elle me donna tant d'amour qu'elle s'en oublia elle-même. Elle m'appris à vivre avec mon chagrin et s'est apprise à vivre avec le siens.

    Pour ma convalescence, je refusais de rentrer et restais de longs mois au Château. Je ne voulais pas retourner chez mes parents à cause de ma mère et de mes sœurs. Plus j'étais loin d'elles et mieux je me portais. Et puis tante Odile était si tendre avec moi ! Nous nous étions prise d'une véritable affection l'une pour l'autre : nous entendions à merveille et je me sentais si bien avec elle ! Qu’elle différence entre ma tante Odile et ma mère !

    Je n'étais plus la honte de la famille puisque personne ne me connaissais dans le Sussex, néanmoins, elle me fit prendre des cours d’Anglais pour pouvoir converser avec le personnel qui ne connaissaient pas un mot de français. Tante Odile était parfaitement bilingue étant donné son rang dans la société lors du vivant de Lord Byron. Son veuvage la tenait recluse dan ce Grand domaine comme le voulait la tradition. Sa réputation en aurait souffert si on l’avait aperçu dans des soirées mondaines, et elle ne vouais surtout pas qu’on lui trouva un sobriquet du style : La veuve joyeuse. Et puis, cela ne lui disait plus rien  de parader sans son grand amour en lady Byron, puisque son cher mari n’était plus là.

     

    A suivre... 

     

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    Les terres du domaine étaient somptueuses assez vastes pour ne pas avoir à rencontrer des Châtelains des domaines voisins. Il y avait tellement d’hectares que je ne risquerais pas, le temps de mon séjour, d’en voir jamais la fin. Les grandes promenades que nous faisions toutes deux, contribuèrent à me remettre complètement sur pied. Il y avais un grand lac où des cygnes glissaient majestueusement sur l'eau bleu marine. Les bords de la grande pièce d’eau était bordés de saules pleureurs, ce qui rendait cet endroit précis du domaine encore plus féerique. Des canards accompagnés de leur porté s'ébrouaient sur la berge à la sortie du bain quotidien. Tout était tellement beau que mes yeux fascinés ne savaient plus où se poser. Quant à la roseraie, c’était un ravissement. Des milliers de roses diffusaient généreusement leur parfum dans ce magnifique parc et ses alentours ombragés. Il faut dire qu’il y avait un jardinier ayant un talent certain pour entretenir ce domaine immense et cette magnifique roseraie dont le château portait le nom. Tante Odile était fort riche et pouvait se permettre d’employer tout ce monde sans en être gênée financièrement.

    Lord Byron avait fait de sa femme sa légataire universelle ; mais sa fortune ses biens ne m’intéressaient guère.

    La sage-femme écoutait le monologue de la jeune femme sans oser l'interrompre de peur de la voir se renfermer sur elle-même. Geneviève, perdu dans ses pensées et dans ce passé où elle avait, malgré son malheur, été heureuse quelques mois, ne savait plus s'arrêter de parler. Son visage s’était transfiguré par le bonheur de se replonger dans ce passé qui n’était pas si lointain, et qu’elle revivait en pensée. Le film repassait intensément devant ses yeux. Geneviève en parlait d’une manière si imagée, que la sage-femme, s’imaginait les scènes que la jeune femme décrivait.

    Geneviève s’étant arrêtée un instant, reprit :

    _ Ce beau château où j’avais connu la tendresse d’une tante aimante qui m’avait soignée, gâtée de somptueuses toilettes, de bijoux discrets et de bon goût pour agrémenter chaque ensemble, et où j’avais aussi appris les bonnes manières de ce monde raffiné que sont les Anglais, était présent dans ma mémoire et jamais je ne pourrais oublier ces jours bénis où javais enfin connu la considération, la paix de l’âme et du cœur.

     

    A suivre... 

     

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    De son côté, tante Odile que j’aimais beaucoup, me considérais comme sa fille et j’en étais tellement heureuse et fière, que je ne voulais plus la quitter : j’étais si bien aupré d’elle !

    Quand il fut question de mon retour en Normandie, sachant ce qui m’attendait, je refusais catégoriquement cette idée. Ne perdant pas le nord en se rendant compte que je ne voulais rien entendre quant à abréger mon séjour près de ma tante qui, malheureusement, n’avait pas son mot à dire puisque j’étais encore mineur, ma mère me fit chercher par deux de mes cousins bien plus âgés que moi. Je fus obligée de les suivre : ma majorité n’intervenant que dans deux ans. J’étais donc, bien malgré moi, sous sa coupe.

    Ma mère avait, avec le père de mon futur mari, ourdit un plan machiavélique pour me forcer à prendre époux. D'après elle, vu ma désastreuse vie, il ne fallait pas que je fasse la difficile. De toutes façons, c'était ça ou le couvant.

    Pour sauvegarder les apparences et pour une vulgaire histoire d'intérêts. Ils m'ont marié de force à un homme que je n'aime pas et que je n’aimerai jamais. Peu leurs importait que je fus heureuse ou pas. Ma mère m'a amenée au mâle comme l’on mène la vache au taureau…

    Replongée de nouveau dans un épisode douloureux de sa vie, Geneviève ne parlait plus. La sage-femme attendait patiemment que Geneviève revienne à la réalité, si douloureuse soit-elle. Sa patience n’eut pas longtemps à se prolonger : de nouveau la jeune femme reprit son monologue.

    _ En avril 1945, j'accouchais d'un garçon issu d'un des nombreux viol que pratiquait régulièrement sur moi mon mari devant dieu, et la loi des hommes. Je décidais de ne pas m'en occuper. C’était ma façons de me venger de cet homme que l’on m’avait imposé. Et puis, je ne ressentais rien pour cet enfant. En me privant de ma petite fille qui aurait pu me donner le sentiment de me sentir devenir mère, la mienne de mère avait définitivement tué l'instinct maternel qui était comme emmuré au plus profond de mon être. depuis le viol

    depuis le viol de mon frère, je ne voulais plus être mère. Seul Warren avait su faire renaître ce sentiment maternel grâce à ce petit être que nous avions conçu avec amour ; qui était le fruit de l'amour que Warren et moi nous nous portions. Warren s’en était allé trop vite

     

    A suivre... 

     

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    Comme le héros qu'il était, il avait offert sa vie comme nombre d'autres soldats, afin de nous libérer de la pression Allemande sur nos têtes.

    J’en veux à ma mère à un point que je ne peux vous décrire. La haine que je ressens pour cette femme sans cœur est irréversible. Elle m’a fait trop de mal. Le garçon qui est le seul enfant mâle que j’ai mis au monde et qui est de mon mari, est élevé par mes beaux-parents. Pour moi, il est aussi bâtard que l’enfant que mon frère m’a fait. Je n’aie jamais su ce qu’il était devenu, et c’est aussi bien ainsi.

    Mon mari ne connaît pas le secret que m’a famille dissimule avec tant d’acharnement. Imaginez un seul instant qu’il ait été mis au courant par des personnes bien intentionnées qui sauraient. Posez-vous la question.

    Un temps de silence s'établit entre les deux femmes puis, Geneviève reprit :

    —Vous voyez ce que je veux dire ? Croyez moi ! Ma mère est assise sur sa propre poudrière et je viens tout juste de me rendre compte que c’est moi qui tiens le détonateur entre mes mains. J’ai enfin une arme redoutable pour qu’elle cesse ses manigances envers moi. Je ne suis plus sa chose et elle ne s’en doute même pas ! Je vais leur faire payer à tous le centuple de ce qu’ils m’ont fait endurer !

    Cette fois, c’est moi qui vais mener le jeu, à commencer par ce bébé dont je ne veux pas ! Oh ! N'ayez aucune crainte ! Je n'abandonnerai pas l'enfant. Vous venez de me donner une idée. Non je n'abandonnerai pas ce bébé ; mais il sera élevé par une nourrice qui voudra bien s'en charger. Êtes-vous satisfaite ? Peut importe pour moi son devenir et qui l'élèvera ! Oui, grâce à ce bébé, je vais les faire danser sur ma musique et leurs rendre au centuple ce qu'ils m'ont fait endurer. Cette petite est de leur sang ! Pas question cette fois de consanguinité ou de bâtardise ! Je tiens ma revanche ! Gardez le bébé à la pouponnière et faites part à mon mari de ma décision. Je reconnais le bébé comme étant ma fille, mais c'est tout !

    Vous lui ferez part également du prénom que j’ai choisi pour elle : Elizabeth, Ghislaine, Monique. Peut-être qu’un jour je me déciderai à m’en occuper... Un jour... Peut-être...

    Geneviève se referma comme une huître et se coupant volontairement du monde extérieur, ne desserra plus les dents.

     

    A suivre... 

     

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    Page -28-

     

    Comprenant qu'elle ne tirerait plus rien de la jeune mère, la sage-femme, se leva, resta quelques instants immobile, atterrée par ce qu'elle venait d'entendre, les bras ballants devant ce lit qu'elle ne pourrait jamais plus oublier.

    Elle entreprit de ranger sa chaise, prit la main de la jeune mère qui, cette fois, ne la retira pas et s'en alla comme elle était venu, non sans lui dire quelques mots d’encouragements pour les épreuves à venir qu’elle ne manquerait pas d’avoir à affronter.

    En se remémorant tous ses souvenirs encore brûlants dans sa mémoire, Geneviève se jura que jamais plus elle ne serait une victime. Ce retour en arrière sur ces mois d'enfer qu'elle avait vécu, lui avait appris au moins une chose : c'est qu'elle devait se battre pour protéger sa vie, même si elle devait y laisser des plumes. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Un sourire qui en disait long sur la tournure qu'allaient prendre les événements...

    Quelques jours se passèrent avant que Geneviève ne sorte de l'hôpital. Pas de bébé dans ses bras. Pas de mari l’accompagnant, non plus. La venue de sa mère ou de l’une de ses sœurs venant la chercher à sa sortie de la maternité l’aurait tout autant irrité.

    Rien que de savoir qu'elle devait retourner dans ce nid à ras qu'elle devait accepter comme étant son domicile, la faisait intérieurement fulminer.

    Geneviève allait encore devoir subir les avances maladroites de son époux. Elle allait, pour la énième fois, devoir se refuser à lui. Il fallait qu'elle s'attende à des rebuffades de la part de son seigneur et maître. Elle allait devoir encore ruser pour lui échapper : ce qui allait déboucher sur des disputes, des violences l’obligeant forcément à se soumettre. Cela devenait fatiguant à la longue ! Elle revivait la nuit de ses noces avec horreur et dégoût, et ne pouvait s’empêcher d'avoir peur. De revivre les avances de Robert chaque fois qu'il avait envie d'elle, la faisait frémir d’horreur et lui donnait la nausée. Comment allait t-elle procéder pour échapper à cette corvée ? Malgré elle, l’angoisse l’envahissait, soulignant son mal être au fur et à mesure que le bus se rapprochait de la station où elle devrait descendre pour continuer un moment à pied jusqu'à la porte cochère du quarante huit de la rue Mirabeau.

      

    A suivre... 

     

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